Les nouvelles aventures de Zorglub

Yoann et Vehlmann, je les aime bien. Leur one shot m’avait bien plu et Alerte aux Zorkons m’a enthousiasmé, c’est donc avec joie que j’ai bondi sur ce tome 52 des aventures de Spirou et Fantasio. Pour faire bref, La face cachée du Z est la suite quasi directe du tome 51 et voit notre cher Zorglub emmener ses amis Spirou, Fantasio et Champignac (sans oublier Spip) sur la lune, histoire de leur montrer un peu l’avancée de ses travaux : on reconnaît bien là notre zouave cosmique dont la maladresse n’a d’égale que la mégalomanie. Un peu mécontents de ne pas avoir été consultés, les invités de Zorglub ne se privent pas de montrer leur agacement, ce qui ne manque pas de titiller sa susceptibilité d’autant qu’il a déjà fort à faire avec les autres habitants des lieux. De plus, une conséquence inattendue d’un incident fâcheux va se charger d’ajouter un peu de piment à la visite des installations.

Voilà pour la mise en contexte. Avoir emmené toute la bande sur la lune, c’est plutôt bien joué (et inédit) de la part de Yoann et Vehlmann. D’ailleurs, comme je le disais, j’aime bien leur style et ce fut un plaisir pour moi de lire cet album. Par contre, il lui manque une certaine densité : il ne s’y passe finalement pas grand-chose et certains passages m’ont paru vraiment tirés en longueur (un match de basket s’étirant sur trois pages : était-ce vraiment nécessaire ?). Quant à l’idée (sans en dire trop) de rendre Spirou ingérable, alors que Fantasio est plutôt effacé, elle change de l’ordinaire mais aurait sûrement pu être mieux exploitée. En fait, plus que Spirou et Fantasio, il m’a semblé que c’est finalement Zorglub et Champignac qui portent cet album sur leurs épaules, aidés de ci de là par quelques nouveaux personnages plus ou moins réussis.

Est-ce que cela rend La face cachée du Z désagréable ? Je dirais que non. Il ne répond peut-être pas tout à fait aux attentes suscitées par Alerte aux Zorkons mais n’en est pas moins sympathique malgré son manque de densité. J’attends la suite de pied ferme.

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2 réponses à Les nouvelles aventures de Zorglub

  1. Gosco dit :

    Bonjour,
    D’abord : bravo pour vos billets.
    Je partage globalement vos avis sur les Spirou&Fantasio. Pour « La face cachée du Z », il me semble retrouver une certaine volonté de diptyque autour de Zorglub, après les Zorkons, comme on l’a vu avec les chefs d’oeuvre de Franquin, puis de Tome et Janry. Cet opus n’est pas déplaisant en effet, mais c’est vrai que les choses se passent un peu comme si Spirou et Fantasio n’étaient plus vraiment les personnages principaux. L’effacement partiel du rôle de Fantasio se confirme d’ailleurs dans le 53 (Dans les griffes de la vipère).
    Je regrette quelques fautes de goût, notamment la référence fictive à un titre de BD dont le nouveau personnage Bronco serait le héros : « Bronco contre les tafioles du GIGN ». Je ne suis pas censeur, mais le mot « tafiole », qui renvoie clairement au vocable homophobe et sexiste, n’a pas sa place dans un Spirou, même en supposant qu’il y ait là du 2nd degré. Dans « Alerte aux zorkons », le panneau « Nique ton alambic » m’avait donné quelques sueurs. Et chez les précédents auteurs, « Aux sources du Z » avait multiplié les jeux de mots à tendance « sexuelle », que j’estime, pour ma part, de très mauvais goût.
    Au plaisir de vous lire.

  2. Noni dit :

    Bonjour et merci pour votre commentaire !

    Pour avoir justement relu cet album récemment, je suis assez d’accord avec ce que vous dites concernant l’humour des auteurs. En fait j’ai l’impression qu’ils ont un peu le cul entre deux chaises, en essayant à la fois de faire du décalé tout en restant dans le ton du magazine, mais ça ne prend pas toujours (et c’est peut-être bien dans cet album-là que le phénomène est le plus marqué). Quant à Bronco, ce n’est clairement pas leur plus grande réussite. Du coup, c’est un peu comme s’ils avaient quelques difficultés à gérer l’héritage des auteurs précédents (ce que je n’avais pas du tout ressenti dans Les géants pétrifiés, par exemple, qui était aussi davantage tranché au niveau du dessin).

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