Nique ton alambic !

Les one shots Spirou et Fantasio, c’est bien joli (et même très bon la plupart du temps), mais il ne faudrait pas en oublier pour autant la série principale, dotée de 49 albums et d’une farce. Avant la lecture de ce cinquante-et-unième opus, il y a tout lieu d’être optimiste, ne serait-ce que parce-que ses auteurs se sont déjà frottés aux deux reporters dans Les Géants Pétrifiés, un one-shot sans prétention mais loin d’être mauvais. Zorglub, notre mégalogaffeur attitré revient donc au petit village que nous connaissons bien et qui résiste encore et toujours au monde extérieur, pour y déclencher une catastrophe de son cru dans laquelle Spirou et Fantasio plongent avec un enthousiasme qui fait plaisir à voir. Les deux compères s’aventurent donc dans une région quelque peu métamorphosée et y croisent une faune qui n’est pas sans rappeler celle de La Vallée des Bannis (sans en atteindre le niveau mais ça, c’est pas demain la veille).

En fait, cet album est bourré de clins d’œil plus ou moins subtils à l’héritage de la série, et j’aurais tendance à dire que c’est tant mieux. C’est bête, mais revoir certains personnages m’a juste fait terriblement plaisir. Heureusement, Yoann et Vehlmann arrivent à intégrer à tout cela des personnages de leur cru (dont deux en particulier dont l’association avec le comte n’a pas fini de me faire rire). Pas rire jaune : vraiment rire ! Plus généralement, j’ai aussi retrouvé dans cet album une ambiance rappelant certains albums très seventies de Fournier. Une certaine naïveté à vrai dire, que j’ai trouvé excessive à la première lecture avant de me souvenir que je lisais un Spirou et Fantasio. Cela dit, quitte à évoquer Fournier, autant faire revenir Ororea, non ? Allez !

En fait, je me suis bien amusé à la lecture de cet album. Son histoire mériterait globalement peut-être d’être un tantinet plus solide mais il serait bête de bouder son plaisir.

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5 réponses à Nique ton alambic !

  1. Gosco dit :

    J’ai un doute sur le numéro de la série principale que vous qualifiez de « farce ». Je lis cette phrase de plusieurs manières différentes et j’en tire plusieurs interprétations possibles…

  2. Noni dit :

    Effectivement ce n’est pas très clair. A vrai dire je visais le 50ème numéro, qui me donnerait presque des envies d’autodafé. J’exagère évidemment, mais je fais un blocage complet avec cet album. Je pourrais passer sur le scénario de la fin (même si ce n’était vraiment pas sympa pour les auteurs qui suivraient) si le reste me paraissait réussi, mais pour moi ça s’apparente surtout à un naufrage complet à tous les niveaux :-/

  3. Gosco dit :

    Bon, c’était bien ma principale hypothèse, vous visiez le n°50, et il fallait bien entendre « farce » dans son sens très péjoratif. Je fais partie des lecteurs qui ont été abasourdis par la fin. Disons que cette fin engage trop fortement la suite de la série dans un tournant radical et très clivant (cela plaît sûrement, forcément, à un certain nombre de lecteurs, mais il y a un risque évident de déséquilibre et de fracture entre les partisans et les opposants). C’est un parti pris scénaristique un peu trop osé pour des auteurs qui n’avaient pas repris la série depuis longtemps. Et comme vous dites, quel cadeau pour les repreneurs! Mais de toute façon, Yoann et Vehlmann n’ont pas tenu compte de ce scénario, hormis une vague allusion sans conséquence. De plus, je suis d’accord avec vous sur l’ensemble de l’album. Il me semble être une compilation un peu fade de retours en arrière, donc d’hommages au passé de la série, mais ça tourne à vide. La seule solution était selon moi de classer cet album dans la série des « one shot ». Il ne vaut mieux pas s’attaquer au sujet des voyages dans le temps quand on n’a pas un scénario en béton, surtout après « L’horloger de la comète » et « Le réveil du Z » de Tome et Janry. C’est une difficile aventure de reprendre la série de Spirou, on ne peut pas satisfaire tout le monde!
    Je me rappelle la sortie de « Machine qui rêve », le dernier de Tome et Janry. Comme beaucoup, j’étais mal à l’aise. Aujourd’hui encore, je le perçois comme à part dans la série. Je ne suis décidément pas fan de cet album mais je suis plus nuancé et j’y reconnais une forme d’audace respectable et méritante. « La jeunesse de Spirou » est aussi une transition très anecdotique. Mais ce n°50, c’est vrai, je ne crois pas que je m’y ferai.

    • Noni dit :

      Apparemment, cet album devait justement être un one shot à la base, je n’ai pas vraiment compris pourquoi l’éditeur l’a réintégré à la série classique.

      J’a failli faire la même comparaison avec Tome et Janry. J’ai l’impression qu’à chaque fois que ces derniers ont tenté de renouveler la série, ils l’ont fait avec infiniment plus de classe, même si ce n’était pas toujours parfait. Dans cette optique, Machine qui rêve n’est pas exceptionnel, et s’il sortait aujourd’hui il aurait plutôt sa place dans les one shots, mais je dirais comme vous qu’il est davantage audacieux que raté. Pour la petite histoire, j’avais neuf ans quand il est sorti et je n’avais tout simplement rien compris.

      Quant à La jeunesse de Spirou, il ne m’a pas particulièrement marqué, mais j’ai une petite affection pour Vilain faussaire et sa référence à l’absence de Gaston numéro 5, un temps que je n’ai même pas connu vu que je suis né après la sortie du R5 :-)

      • Gosco dit :

        J’avais 15 ans à la sortie de « Machine qui rêve » et… je n’étais pas très avancé non plus…! J’avais l’impression qu’il était délibérément ésotérique. Il m’a fallu le relire après quelques années pour bien en circonscrire l’intrigue.
        Moi aussi j’ai lu « Vilain faussaire » en connaissant l’existence du R5 (il a dû paraître un peu avant ou un peu après ma naissance, mais de toute façon j’ai commencé à découvrir les Spirou au début des années 90).

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