Mauvais feeling

Je suis contrarié. En effet, je viens de finir un roman de science-fiction parodique signé d’un des meilleurs auteurs anglais du genre, Terry Pratchett, et je ne sais pas si j’ai aimé, c’est même à peine si je sais quoi en dire. Pire : j’ai eu un mal fou à suivre le fil de ce Strate-à-gemmes. Pour tout dire, il m’est arrivé plusieurs fois d’avoir à relire plusieurs fois la même page dans le but de comprendre comment telle situation avait bien pu se déclencher, que faisait tel personnage à cet endroit (n’était-il pas totalement ailleurs à la page précédente ?) et en fait qu’est-ce que c’est que ce bordel ? La question serait donc de savoir si les difficultés que j’ai éprouvées sont dues à ma propre concentration défaillante ou au style d’écriture particulier de Pratchett. Pour le savoir, je devrais relire ce livre, et je n’en ai pas forcément envie. Du coup, je tranche : c’est probablement un peu des deux.

C’est pourtant dommage parce-que l’idée de base est délicieusement absurde. Nous suivons Kin Arad, une dame occupant un poste que l’on devine important à la Compagnie. La Compagnie est une entreprise assez particulière : elle construit des planètes de A à Z et le plus fidèlement possible (fossiles d’animaux préhistoriques inclus) en vue de l’accueil de colonies humaines. Les bases posées, débarque un personnage étrange (enfin, plus que les autres) qui tient absolument à emmener Kin vers un monde qui lui était jusque là inconnu, et pour cause : il est plat. Plus exactement, il correspond à une vision moyenâgeuse de la Terre.

Et puis voilà, je ne sais plus trop comment mais elle se retrouve finalement flanquée de deux acolytes extraterrestres (dont un à quatre bras) tout en étant poursuivie par un corbeau. C’est tout aussi idiot qu’un roman de Douglas Adams, sauf que là je n’ai pas vraiment pigé comment ça arrivait, ni parfois même quand.  Cela dit, sur le fond, ça grouille de bonnes idées et Terry Pratchett fait preuve d’une imagination débordante. L’idée du monde plat, qui préfigure sa saga des Annales du Disque Monde, permet même à l’auteur de traiter absurdement une thématique très profonde (en gros : « d’où vient tout ce foutoir ? ») avec un énorme détachement, ce qui n’a pas manqué de me plaire.

Autre chose m’a posé problème : malgré l’existence de cet univers délirant et de personnages tous plus ou moins cinglés, je n’ai pas vraiment ri. En fait je crois que l’humour du bouquin réside lui-même dans la forme selon laquelle il est écrit, forme à laquelle je n’ai pas été tout à fait réceptif. La faute à une traduction bancale ? C’est possible, mais j’en doute un peu. Question existentielle : me suis-je endormi plusieurs fois dans le train à cause du roman, ou n’ai-je pas réussi à le suivre parce-que je m’endormais ? Je n’en sais rien. Je dirais quand même pour conclure que Strate-à-gemmes possède cette touche farfelue qui m’a fait aller jusqu’au bout en y prenant un certain plaisir, là où je serais vite passé à autre chose si ça m’avait juste emmerdé.

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