Groove, swing and fun

Après un vendredi à Lokeren la semaine dernière, je vais vous parler maintenant de mon vendredi soir à Floreffe et son festival qui fête en ce moment sa dixième année d’existence : Esperanzah. Il était temps pour moi d’essayer de comprendre le succès d’un événement qui n’est pas forcément mon style mais qui accueillait cette année un des artistes que j’ai le plus écouté ces derniers mois (à Prague en particulier) : Parov Stelar, pour sa première venue en Belgique. Voici un petit avant-goût de ce qu’il nous a réservé hier soir.

C’est en fait plutôt énervé (une sombre histoire de train manqué à cause de quoi j’aurai raté l’essentiel de l’après-midi) que je suis arrivé la gare de Floreffe en fin d’après-midi. De là, il s’agissait ensuite de marcher un quart d’heure environ jusqu’au site du festival. Première remarque : ces gens sont avares en flèches indicatrices. C’est très gentil, et la moindre des choses, d’avoir indiqué par où aller à partir de la gare, mais une fois arrivé près de l’abbaye bon courage pour deviner où se trouvent les scènes « côté cour » et « côté jardin ». M’est avis qu’étant donné que la scène « jardin » est perchée en hauteur et que l’autre est tout en bas, il y avait moyen de leur donner des noms plus simples (OU indiquer plus efficacement leur emplacement, l’un ou l’autre quoi). Cela dit, l’endroit est si joli que flâner sans but n’est pas forcément une mauvaise idée, d’autant plus que ce n’était pas vraiment surpeuplé ce vendredi en fin d’après-midi.

Bref ! Ayant finalement trouvé la scène côté jardin, où se trouvaient mes amis, après avoir tourné un peu en rond et m’être payé une bière (bio, comme il se doit), voilà que la bonne humeur m’est revenue d’un coup. Sérieusement, Sharon Jones et ses Dap-Kings sont des véritables dieux de la soul, impossible de ne pas se dandiner et d’avoir le sourire aux lèvres en observant cette bande tout donner pour leur (excellente) musique. Ce n’est bizarrement qu’après que j’apprendrai que Sharon Jones est une des principales inspiratrices d’Amy Winehouse et que les Dap-Kings ont activement participé à l’enregistrement de Back To Black tout en ayant régulièrement joué avec elle sur scène. C’est, en gros, ce que j’appelle un concert cinq étoiles (dont je n’ai malheureusement pas trouvé de vidéos).

Après ce grand bol funky, voici venue l’heure de la bouffe. Comme dans tous les festivals, c’est évidemment cher, mais le choix et la qualité ne manquent pas. Il y en a pour tous les goûts, et je me suis personnellement contenté (au sens noble du terme) d’un hamburger au doux nom de « Barbare », tout ce qu’il fallait pour arroser mes papilles gustatives. Les nouilles vietnamiennes, très peu pour moi, merci. Pour faire passer tout ça, un petit coup de délicieux Maitrank et en avant la musique.

La scène côté cour avec l'abbaye à gauche, on fait pire comme cadre de festival

C’est de loin que nous avons assisté à la fin du concert de Shaka Ponk, des français basés à Berlin dont la mascotte est un singe et dont le chanteur a un fort accent espagnol. Moi je dis : pourquoi pas ? Bon, leur musique, très énergique au demeurant, ne casse pas des briques mais l’enthousiasme des musiciens fait plaisir à voir. Jeter une oreille sur ce groupe n’est pas forcément une mauvaise idée mais je reste d’avis qu’il s’agit d’une musique plutôt destinée aux adolescents. Après ça, y’avait du reggae, un certain Professor. Je n’en dirai rien si ce n’est que ce n’est pas hier que je me suis réconcilié avec ce genre de musique.  Punt aan de lijn.

Restait le plat de résistance (quoique franchement, et quitte à me répéter, le concert de Sharon Jones avait déjà rentabilisé une bonne partie du billet) : Parov Stelar, accompagné de son groupe. Il s’agissait apparemment du premier concert en Belgique du DJ autrichien, roi de l’électro-swing (auto ?) proclamé, et j’étais plutôt curieux du résultat étant donné que je m’étais contenté jusqu’à présent d’écouter ses productions studio. Mes doutes se sont envolés dès les premiers sound-checks : ça allait être bon, très bon.

Je vais commencer par la présentation du groupe. Au chant, prenez une chanteuse disco dont les épaules sont garnies de boules à facette d’un goût des plus sûrs. Accompagnez-là d’une section cuivre transpirant la classe (un saxophoniste et un trompettiste), d’un bassiste enthousiaste et d’un batteur qui ne l’est pas moins, et ajoutez-y comme maestro le DJ star de la soirée, notre Parov Stelar en question. Et bien moi je vous le dis comme ça : ça claque grave et la sauce prend merveilleusement bien.

Le DJ est à la fois effacé et omniprésent, assurant le liant d’un groupe totalement à son affaire. Si le bassiste, la chanteuse et le batteur ont un mérite certain, je me permettrai quand même de mettre en avant le saxophoniste et le trompettiste, qui m’ont mis une claque dans la gueule assez violente. Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé, leur réservant une véritable ovation à l’occasion de leur présentation par la chanteuse. Je ne suis pas prêt d’oublier leur petite battle en milieu de concert, une véritable orgie musicale. Si je n’avais qu’un bémol à signaler, ce serait cette désagréable impression d’être entouré de crétins, mais ça le groupe n’y pouvait bien évidemment rien. Non mais franchement, tenter un pogo sur du swing…

Après une dernière bière et avoir assisté de loin au projet « Electro swing cirkus » (en gros, un DJ pas franchement génial entrecoupé de moments rigolos comme un numéro de claquettes), nous avons mis les voiles direction Namur en auto-stop.  Un regret ? Ne pas avoir goûté la bière spéciale locale, la Floreffe (comment ai-je fait mon compte ?) et avoir raté les deux ou trois premiers morceaux de Sharon Jones alors que je cherchais la scène. Quant à l’enrobage politique plein de subtilité de ce festival : après tout on est prévenu en y allant, je n’y allais pas pour ça et ça ne retire rien à la qualité de sa programmation. Enfin, on se quitte maintenant avec un petit groove du chat.

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