L’histoire d’un accordéon

Et bien voilà, il me reste moins de deux semaines en Bohème et les jours me sont donc comptés. J’ai cependant encore des choses à raconter, en priorité deux petits voyages : un à Berlin, et un autre à Znojmo en milieu de semaine. La logique voudrait que je commence par Berlin, mais j’ai plutôt envie de commencer par mes deux jours à Znojmo, petite ville de l’est du pays, en Moravie (pas très loin d’Olomouc où j’avais déjà passé de très bons moments), à deux pas de la frontière autrichienne.

Bienvenue à Znojmo

« We Don’t Money » version line up réduit (le Prince du Danemark, Heike et moi-même) a donc pris le bus direction la Moravie mercredi matin, un bus qui par ailleurs semble avoir pris un malin plaisir à emprunter le plus de petits chemins possibles, le tout sous une chaleur plutôt oppressante. Mais le trajet (environ trois heures) en valait la peine, le paysage nous attendant là-bas étant à couper le souffle. Znojmo est en effet perchée au dessus d’une magnifique vallée, et notre auberge a d’ailleurs eu la charmante idée de s’y poster pile au bon endroit (les photos devraient vous en donner une vague idée). Pourquoi Znojmo, au fait ? Principalement parce-que Heike a eu la bonne idée de décider d’apprendre le tchèque sans abandonner, du coup nous avons pu bénéficier sur place d’une guide tchèque de choix, Kristýna, qui a grandi sur place et pouvait donc nous conseiller très efficacement.

Voici la vue que nous avions en déjeunant à l'auberge, ça vous plaît ?

Bref, à peine arrivés et enregistrés à l’auberge, nous nous sommes précipités au restaurant le plus proche, dont j’ai oublié le nom mais pas la qualité de sa nourriture. La spécialité locale : les Halušky (bon, apparemment c’est slovaque, mais Znojmo n’en est pas très éloignée), en gros des espèces de gnocchis. L’assiette a l’air légère à première vue, mais bon courage pour la finir. Ce plat, végétarien (comme tout ce que proposait le restaurant d’ailleurs) change pas mal du gulas traditionnel dont peut se lasser relativement rapidement. Joie supplémentaire : le restaurant proposait aussi plusieurs bières inconnues au bataillon, non filtrées, dont une au miel. Comment mieux commencer un voyage ? Après ce copieux repas, nous avons donc parcouru cette petite ville qui, sous certains aspects, m’a un peu rappelé Tournai (sans le panorama), notamment par son côté médiéval (si j’ai bien compris, elle comprend le plus vieux bâtiment du pays) et vaguement vide. A vrai dire, même si j’ai eu un coup de cœur pour cette ville, je ne crois pas que je pourrais y vivre, les perspectives d’avenir n’ont pas l’air d’y être vachement réjouissantes.

Le vieux bâtiment en question

Notre visite guidée terminée et les nuages se faisant menaçant (je crois que j’en suis à un orage par jour depuis deux semaines, d’ailleurs au moment où j’écris je crois qu’un nouveau se prépare), nous nous sommes précipités dans le premier bar venu. Et là, m’attendant tel le graal les croisés, que vois-je ? Une bouteille d’Orval. Une seule, bien au frais dans un frigo transparent. Si ça c’est pas un signe du destin, il faut m’expliquer. Le frigo en question contenant aussi tout un tas de bières spéciales d’un peu partout (il y en a un très similaire, bien que bien plus grand, à Prague), nous y avons élu domicile le temps que le déluge se passe.

En gros, l'auberge se situe en bas à droite de l'église

Plus tard, en nous redirigeant vers l’auberge, voilà que nous tombons sur un magasin d’antiquité. Ni une ni deux, nous y entrons, et pan, deuxième signe : un bel accordéon bleu à moitié défoncé. Un amour profond est né ce jour-là entre ce vieil accordéon et le Prince du Danemark, qui attendra cependant le lendemain pour l’acheter à moitié prix. Znojmo est ainsi, elle dissémine des surprises un peu partout, comme par exemple cette pizzeria ouverte 24h/24 et servant des pizzas géantes. A l’auberge, nous avons également brièvement rencontré un voyageur écossais très sympathique. D’ailleurs, j’aurais tout aussi bien pu le rencontrer à Olomouc vu qu’il y travaille dans l’auberge où nous avions logé à l’époque (il était cependant quelque-part en Allemagne à ce moment-là).

Un simple et beau résumé de ces deux jours à Znojmo

Le lendemain, ayant fait l’acquisition de l’accordéon, mais aussi d’un ukulélé (il ne reste plus à Heike qu’à apprendre à en jouer, mais j’ai confiance) et de trois kazoos, nous avons passé le reste de la journée à jouer de la musique un peu partout dans la ville (y compris dans le délicieux restaurant où nous avions décidé de retourner) avant de remonter dans le bus. Et voilà, c’est à peu près tout, c’était court mais absolument formidable, je n’aurais pu rêver mieux comme dernier trip durant mon Erasmus.

J’écrirai probablement sous peu à propos de Berlin, si pas ce sera après mon retour en Belgique (ou jamais, mais ce serait un peu dommage). A bientôt !

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2 réponses à L’histoire d’un accordéon

  1. Catherine dit :

    Sans toi, c’est sûr , j’aurais passé toute ma vie sans avoir jamais entendu parler de Znjmo…
    Et je n’aurais même pas su ce que j’aurais raté!!!
    Merci Arnaud!
    Gros bisous et à bientôt (ça on peut commencer à le dire et à l’écrire…),
    Catherine

  2. Maman dit :

    Dommage que tu n’aies pas évoqué votre petit concert improvisé dont tu as de si chouettes images!
    Ca vaut de l’or!
    Superbes photos en tous cas.
    Bisous, encore deux semaines!!! ;-)

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