R.I.P. Meduza

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, bonsoir,

La nouvelle de la semaine sur le front praguois est incontestablement la fermeture inopinée et incompréhensible de Meduza ce mercredi. Les choses ont été vite : mardi, je reçois ce message plutôt limpide : « I’m at Meduza. It’s fucking closing in 2days!! » (vous reconnaitrez là le langage un peu cru du serviteur du prince du Danemark). N’écoutant que ma soif et mon envie d’en savoir plus, je m’y précipitai pour une quatre Svijany, pour finalement apprendre que le propriétaire du bâtiment avait décidé de ne tout simplement pas prolonger le contrat (cela dit je n’ai pas compris les détails) et que le lendemain à minuit, hop, tout le monde dehors. En fait, il s’agissait vraiment de ma dernière réelle soirée là-bas vu que, même si je fus bien évidemment présent le lendemain, le peu de bière restant s’est envolé si rapidement que ce n’était pas tout à fait pareil. Du coup, mon visiteur venu de Belgique, Denis, a eu l’occasion de vivre les derniers moments d’un des endroits hautement recommandables de Prague, ce qu’il n’aurait probablement pas pu faire avec un simple guide. N’empêche, c’est quand même pas de bol, ‘va falloir trouver un autre bar aussi bon maintenant.

Rendez-moi heureux : donnez-moi ce genre de paysage comprenant des pingouins jaunes et une chaise géante

Comme il s’agissait de montrer à mon visiteur autre chose qu’un bar, aussi bon et mourant soit-il, la semaine fut relativement touristique. J’ai notamment eu l’occasion de revisiter le château de Prague dans un contexte un peu plus favorable : sans claquer des dents. Et franchement ça change tout. De plus, on voit les choses un peu différemment après un mois et demi sur place qu’après quatre jours. Je n’ai pas non plus pu m’empêcher de refaire un tour auprès des bébés malsains de David Cerny, juste pour le plaisir de mettre mal à l’aise. Sans oublier les classiques tels que l’horloge astronomique et le Pont Charles (ainsi que mon métronome préféré qui, à ma grande tristesse, ne fonctionnait pas).

Vue à partir du Château, avec notamment le clocher de l'Eglise Saint Nicolas

Au fait, j’ai oublié la dernière fois d’évoquer le second film que nous a projeté le club international dans le cadre du « Czech Film Club » (second, car les deux séances suivant le magnifique Samotari furent annulées pour raisons techniques, heureusement qu’on avait des bières pour patienter). Mais la patience a payé, car Kolja m’a a peu près autant plu que le précédent. Sorti en 1996 et lauréat de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1997, ce film raconte l’histoire d’un virtuose tchèque, peu avant la révolution de velours, qui se retrouve en charge d’un petit enfant russe suite à un mariage blanc dont les conséquences lui échappent. Le film se focalise sur les relations entre ce tchèque peu habitué à s’occuper de quelqu’un d’autre que de lui (excepté ses nombreuses conquêtes féminines) et le petit enfant russe que sa mère a laissé à Prague pour mieux s’enfuir en Allemagne de l’Ouest, gosse qui ne parle pas tchèque évidemment. Cela dit, la toile de fond n’en vaut pas moins la peine et donne un aperçu du contexte de la fin des années 80 dans une République Tchèque sillonnée par les militaires soviétiques mais où les drapeaux tchèques recommencent à apparaître aux fenêtres au mépris du danger (la perspective d’un interrogatoire musclé étant un bon incitant à éviter toute velléité dissidente). Bref, encore une fois, j’ai eu bien du mal à sortir du film.

Hier soir, j’ai passé quelques temps dans le fameux Cross Club, qui présente l’immense avantage d’être à un quart d’heure à pieds de chez moi. C’est un endroit vraiment étonnant, décoré de toutes sortes de mécanismes façon « steampunk », et où la musique est de qualité. De plus, c’est un vrai labyrinthe : j’ai particulièrement apprécié l’instant où, étant parti découvrir l’endroit de manière purement aléatoire, j’ai atterri à mon point de départ sans avoir la moindre idée de comment je m’y étais pris. J’y retournerai assurément, d’autant qu’on peut en plus siroter sa bière tranquillement à l’extérieur : vu le temps qu’il fait actuellement, c’est juste parfait.

A part ça, Denis et moi avons trouvé l'ambassade belge

En parlant du beau temps, j’ai fait essentiellement deux choses aujourd’hui. Ce matin, je me suis levé (un peu tard malheureusement) pour me rendre au plus grand marché aux puces de Prague, qui se tient tous les samedis de 7h à 14h. Quand je dis qu’il est grand, je n’exagère pas, il faut carrément passer à travers un portique (en glissant une petite pièce de 20 couronnes, soit un peu moins d’un euro, ou même une pièce d’un euro pour le touriste pas trop regardant sur le fait de payer plus cher que tout le monde), pour découvrir l’endroit. La possibilité de faire de très bonnes affaires est clairement là si on s’y rend suffisamment à l’heure et qu’on fouille un peu (et qu’on évite de trop passer pour un touriste) mais, comme je disais, je n’ai pu en avoir qu’un aperçu rapide, mon oreiller m’ayant piégé trop longtemps et l’endroit étant décidément bien éloigné du centre (et puis la prochaine fois il faudra que j’évite de m’extasier sur une petite médaille de Lénine si je veux éviter qu’on essaye de me la vendre à un prix prohibitif). Bref, la prochaine fois je me lèverai plus tôt (pas facile, un samedi…).

Vue sur les faubourgs ouest de Prague, des hauteurs de Divoká Šárka

Ca c’était ce matin. Cet après midi, j’ai repris le tram vers l’autre côté de la ville, tout aussi excentré mais vers l’ouest cette fois. Objectif : le terminus de la ligne, Divoká Šárka (pas très loin de l’aéroport). Là attend un immense espace vert et vallonné, parfait pour une petite randonnée ou plus simplement pour un pique-nique. Nous nous sommes aussi adonnés à quelques petite séances d’escalade où j’ai pu mesurer à quel point mes chaussures sont peu pratiques une fois sorties d’un environnement urbain. Et me voici donc de retour, je ne sais pas ce que me réserve la soirée mais quoi qu’il arrive la journée est déjà réussie.

Bon dimanche !

PS : Meduza, nous ne t’oublierons jamais.

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Une réponse à R.I.P. Meduza

  1. Maman dit :

    Hé bien…te voilà médusé dirait-on…
    Bah, le Cross club fera bien l’affaire mais bon, pense à semer des petits cailloux comme le Petit Poucet, pour retrouver ton chemin (faut toujours écouter les bons conseils de sa maman) ;-)

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