En studio avec les Beatles

Pourquoi pas ? Parce-que ça change un peu et que je n’oublie pas que je suis un peu musicien, même si ma basse prend la poussière (qu’elle se rassure, ce n’est que temporaire), que j’aime la pop, et qu’en terme de pop, les Beatles c’est quand même quelque-chose. Alors quand on me prête un bouquin écrit par un ingénieur du son responsable entre-autres de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, et bien je le lis, oui monsieur. Pourtant, ma connaissance des Beatles, avant de me plonger dans ce pavé, se limitait grosso modo à l’album que j’ai cité et à Revolver, plus quelques morceaux du White Album (que je n’ai jamais pu écouter en entier, et je ne suis pas sûr que ça va changer) et des singles par ci par là. Fragmentaire, c’est cela. Pourtant, ce n’est pas comme si je n’avais pas lu Douglas Adams clamer son admiration sans borne pour ce groupe dans le recueil posthume Fonds de Tiroir, mais je m’égare.

On rit à la lecture de ce livre (la description de l’enregistrement du single She Loves You dans des studios en état de siège est savoureuse), on s’agace aussi souvent, et on est parfois complètement abasourdi à l’idée d’imaginer ce qui se passait dans la tête de certains Beatles, sans jamais perdre de vue que ces gosses étaient finalement complètement enfermés en studio, l’hystérie des fans ayant contraint le groupe à abandonner jusqu’à l’idée d’une tournée. Le tout est décrit du point de vue d’un ingé son lui aussi confronté à ses problèmes, à savoir par exemple une hiérarchie réac’ et procédurière obligeant ses employés à travailler en chemise et cravate, créant une distance inutile entre eux et des groupes de plus en plus excentriques (les années 60, tout ça…). Geoff Emerick prend d’ailleurs un malin plaisir à raconter comment il n’a pas contourné les règles vestimentaires mais bien tout le reste : le nombre de fois où il écrit avoir risqué son job par des essais aussi dangereux pour le matériel qu’innovateurs dans le domaine sonore, sous la pression de Beatles intransigeants, est assez conséquent.

Mais je m’égare encore. Au final, je crois que ce livre est enrichissant tant pour son volet musical que pour la riche description des rapports humains (en milieu clos, oserais-je presque ajouter) qu’il offre : l’un comme l’autre étant uniques en leur genre. Et comme je voudrais éviter moi aussi d’être trop complaisant, j’ajouterais juste que la partie consacrée aux suites de la séparation (comme l’enregistrement d’un album de McCartney) était peut-être de trop, mais les fans hardcores du groupe ne seraient probablement pas de mon avis.

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