Bjørn Berge @ La Ferme du Biéreau

Ce n’est pas tous les jours qu’un guitariste de renommée mondiale joue à 500m de chez moi pour 10€. Ayant tardé à réserver ma place (en fait je ne l’avais carrément pas fait), c’est sans trop d’espoir que je me suis rendu sur place le jour-même pour demander timidement si je pouvais encore espérer voir Bjørn Berge : on m’a répondu qu’il n’y avait aucun problème, comme si c’était l’évidence même. Bref, me voilà vite installé dans la salle de la Ferme du Biéreau où, à mon grand désespoir, des chaises avaient été placées. Impossible d’assister au concert debout, et j’obtins vite l’explication à ce phénomène en constatant la moyenne d’âge assez avancée de l’assemblée. Je voudrais savoir où étaient les étudiants. Enfin, il sera assez temps une autre fois de pousser une gueulante sur le manque flagrant de visibilité (et de variété) des activités culturelles « alternatives » à Louvain-La-Neuve (en gros, autre-chose que la guindaille). Mais revenons donc au concert.

Tout d’abord, c’est Roman qui a ouvert les hostilités, une première partie fortement teintée de blues laissant augurer le meilleur pour la suite. Roman est français et habite Bruxelles, et pour ce concert il était accompagné de sa seule guitare et de sa puissante voix (déstabilisante quand il s’en servait pour réveiller une assistance un peu amorphe). Ami de Bjørn Berge, comme il n’a pas manqué de le signaler, il le présente comme une de ses principales influences. Soyons clairs, il n’égale pas le Maître (même si à ce moment-là je n’avais pas encore pu m’en rendre compte) mais vaut vraiment le coup, ses compos sont très sympas, agrémentées de reprises telles que St. James Infirmary et The House of the Rising Sun (presque une évidence dans un tel répertoire). En plus il est sympa.

Roman est aussi passé dire bonjour à Nagui

Après une grosse demi-heure, Roman laisse la place à son pote norvégien, et c’est une espèce de grand type tout souriant qui se présente sur scène. Directement, on comprend qu’il n’est pas là pour rire (enfin, au sens figuré, parce-qu’il est en fait franchement drôle), et qu’on peut s’attendre à en prendre plein les oreilles, surtout à la vue de sa 12 cordes. Encore une fois, je ne peux regretter le peu d’entrain du public (moi itou), mais difficile de mettre le feu à une salle très peu remplie où les gens ont le cul sur des chaises (sacrément inconfortables d’ailleurs). Cela dit, le talent paye, et à coup de morceaux absolument sublimes et de touches d’humour lancées par-ci par-là, Bjørn Berge (que je décidai bien vite de surnommer « le martien ») réveillera tout ce beau monde. Je voulais me réserver la surprise, c’est-à-dire assister au concert sans rien connaître de son répertoire, et le choc n’a été que plus grand.

Des mots sont-ils nécessaires ?

Mon billet précédent concernait John Butler, que je qualifiais déjà de guitariste hors pair, et je ne suis pas loin de penser que Bjørn Berge est encore meilleur, dans un style semblable. D’ailleurs, le norvégien reprend Zebra sur son dernier album, Fretwork, sur lequel je me suis jeté comme la vérole sur le bas peuple dès la fin du concert. Et que dire de sa reprise de Ace of Spades, de Motörhead, en guise de final caviar ? Quand j’y repense, j’ai passé la totalité de son concert en admiration béate, n’interrompant cette béatitude que pour éclater de rire de temps à autre car, je l’ai déjà dit, ce type est drôle. Je terminerai par une citation : Please, buy my CD, I need money to drink beers ! Comment résister à une supplique si franchement énoncée ?

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