Des nouvelles de l’espace (4)

Bonjour ! Malgré les fêtes, l’univers n’attend pas. Cette semaine, nous prenons essentiellement des nouvelles de la Russie et de la NASA. Comme au bon vieux temps de la guerre froide.

Décollage d'Angara A5. Source : http://www.russianspaceweb.com/

Décollage d’Angara A5. Source : http://www.russianspaceweb.com/

On commence avec nos voisins de l’est. Mardi dernier (23 décembre), ces derniers ont en effet testé avec succès leur fusée Angara A5, la version lourde la nouvelle série de lanceurs Angara. Ce dernier a placé sans accroc une charge utile de 2 tonnes en orbite géostationnaire, après un décollage depuis le cosmodrome de Plessetsk. En juillet dernier, un lanceur plus léger de la même famille, Angara 1.2 avait déjà été testé avec succès lors d’un vol suborbital. La “famille” Angara doit succéder à divers types de lanceurs russes actuellement utilisés, comme par exemple le Proton, un lanceur lourd dont le carburant est désormais considéré comme trop toxique (sans compter divers incidents dont il a été victimes ces dernières années). Enfin, si Angara continuera de décoller depuis Plessetsk (situé très au nord, à une latitude pourtant relativement peu adaptée à des lancements), il est aussi prévu de le faire partir depuis le futur cosmodrome de Vostochny, situé dans l’extrême orient russe. La construction de ce cosmodrome a pour but de limiter davantage la dépendance de la Russie vis-à-vis de celui de Baïkonour, situé au Kazakhstan, et qui ne disposera pas de dispositif de lancement pour Angara.

Un peu plus à l’ouest, du côté de la NASA, on a décidé de ne pas prendre de décision tout de suite concernant la future « Asteroïd Redirect Mission ». Kézako ? En toute simplicité : s’approcher d’un astéroïde et le dévier à l’aide d’une sonde automatique. Pour ce faire, la NASA a retenu deux options : l’une d’elles, l’option A, consiste à dévier l’entièreté d’un astéroïde, tandis que l’option B (plus complexe) implique plutôt d’en détacher un morceau, sachant que le type d’astéroïde dépendra grandement de l’option choisie (sa taille, par exemple, sera beaucoup plus petite dans le premier que dans le second cas). Quelle que soit l’option, la prise serait transportée jusqu’à une orbite lunaire (apparemment à 75.000km de sa surface) avant d’être visitée par des astronautes, qui devraient la rejoindre à l’aide du futur Space Launch System et de la capsule Orion (peut-être en 2021 à l’occasion d’un premier vol habité d’Orion). Toujours est-il que la NASA devait arrêter sa décision en 2014 mais qu’il faudra finalement attendre fin février pour y voir plus clair. Robert Lightfoot, « Associate Administrator » de la NASA, a déclaré qu’il avait besoin de davantage d’informations avant de prendre sa décision, lourde de conséquences quant aux technologies qui seront développées aux fins de la mission choisie (et par conséquent pour de futures opérations, par exemple vers Mars).

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Illustration de l’option B : un morceau d’astéroïde transporté par une sonde. Source : http://www.nasa.gov/mission_pages/asteroids/initiative/index.html

L'actuel commandant de l'ISS et sa petite manivelle imprimée. Regardez comme il a l'air heureux. Source : http://www.nasa.gov/

L’actuel commandant de l’ISS et sa petite manivelle imprimée. Regardez comme il a l’air heureux. Source : http://www.nasa.gov/

A bord de la Station Spatiale Internationale, on innove dans un domaine inattendu mais finalement assez logique : l’impression 3D. Dans le courant du mois de décembre, un outil composé de 104 couches de plastique (une espèce de manivelle) y a en effet été imprimé à partir d’un mail envoyé depuis la Terre. L’intérêt est évidemment énorme : si ce genre de réussite perdure, il suffirait de transporter le matériau brut par cargo et d’envoyer les modèles par mails jusqu’à la station, au lieu d’y transporter des tonnes de pièces de rechanges. Dans l’éventualité de voyages de longues durées (coucou, Mars), cette technologie, qui n’en est qu’à ses débuts, pourrait également s’avérer très utile une fois maîtrisée. En attendant, tous les objets imprimés à bord de l’ISS vont être rapatriés pour y être étudiés. Ils seront notamment comparés à leurs équivalents imprimés sur Terre par la même imprimante, avant son décollage en septembre dernier.

Une photo de Mercure prise fin 2013 par MESSENGER. Source : http://www.nasa.gov/mission_pages/messenger/main/index.html

Une photo de Mercure prise fin 2013 par MESSENGER. Source : http://www.nasa.gov/

Enfin, on termine cette petite note dans les environs de Mercure, autour de laquelle la sonde américaine MESSENGER (pour Mercury, Surface, Space Environment, Geochemistry and Ranging) orbite depuis mars 2011. L’information, c’est simplement que la sonde a gagné quelques semaines de sursis. Celle-ci devait en effet tomber à court de carburant vers la fin du mois de mars, mais les responsables de la mission ont trouvé le moyen de corriger sa trajectoire à l’aide de l’hélium utilisé pour pressuriser ses réservoirs à combustible. Cela lui permettra de se maintenir en orbite environ un mois de plus autour la planète (qui est, rappelons-le, la plus proche du soleil), avant de s’y écraser. Mercure restera ainsi seule jusqu’à l’arrivée de BepiColombo, une sonde développée par l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Agence spatiale japonaise (JAXA), qui devrait décoller en 2016 et arriver à destination en 2022.

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