Des nouvelles de l’espace (2)

C’est l’heure d’une nouvelle sélection arbitraire d’informations spatiales. Cette fois, Mars, la Chine et quelques sociétés privées américaines sont au programme.

A propos de Mars, signalons pour commencer que des données récoltées par le rover Curiosity, arrivé sur la planète rouge en août 2012, indiquent que le cratère Gale (dans lequel il se balade depuis lors) aurait abrité de l’eau il y a plus de trois milliards et demi d’année. Une série d’articles à paraître en janvier dans la revue Science décrivent un environnement propice au développement d’une vie bactérienne. Voilà qui est plutôt sympathique. Du coup, on pourrait dire que les succès américains dans le domaine appellent d’autres agences à les imiter. En novembre, c’est la Chine qui a annoncé un programme d’exploration de la planète rouge. Au programme : un orbiteur et un rover, qui devraient décoller en 2020, mais aussi un retour d’échantillons prévus en 2030. Il s’agit là d’un plan très ambitieux, ainsi que très coûteux. Ramener sur terre un échantillon de sol martien est un projet qui circule depuis de nombreuses années mais qui n’a encore jamais pu être concrétisé vu son ampleur. Faire atterrir un objet en douceur sur Mars est une chose, le faire redécoller et le ramener intact en est une autre. Notons que la Chine a fait atterrir son premier rover lunaire (Yutu) en décembre 2013, il lui reste donc encore du chemin à parcourir pour réussir une telle performance. Quoi qu’il arrive, il ne s’agira en tout cas pas du premier pays asiatique à atteindre Mars, vu que l’Inde a réussi à placer une sonde en orbite en septembre dernier (pour un coût relativement réduit).

Une simulation de ce à quoi pouvait ressembler le cratère Gale (154km de diamètre) rempli d'eau.

Une simulation de ce à quoi pouvait ressembler le cratère Gale (154km de diamètre) rempli d’eau.

Sur Terre à présent, la société Orbital Sciences Corporation a donné des nouvelles. Beaucoup ont découvert son existence en octobre dernier, lorsqu’une fusée Antares destinée à ravitailler la Station Spatiale Internationale (ISS) a spectaculairement explosé au décollage, endommageant du même coup la base de lancement de la NASA en Virginie, Wallops Flight Facility. Orbital est en fait sous contrat avec la NASA pour le transport de 20 tonnes de fret répartis sur 8 vols (dont celui d’octobre, qui aurait dû être le quatrième). Pour ce faire, ils ont développé leur propre lanceur, Antares, et un cargo spatial : Cygnus. L’accident d’octobre dernier les a cependant forcé à revoir leurs plans pour être en mesure de remplir leur part du contrat. Du coup, fin 2015, c’est une fusée Atlas V (gérée par Boeing et Lockheed Martin) qui expédiera le cargo Cygnus vers l’ISS, à la place de la fusée Antares. Pendant ce temps, cette dernière sera en quelque sorte mise à jour, vu que son moteur va être remplacé. Le moteur en question (AJ-26, ou encore NK-33, on s’y perd un peu), qui a en fait été conçu ET construit dans les années 60 en Union Soviétique, semble être responsable de l’explosion de la fusée : l’abandonner n’est donc probablement pas d’une mauvaise idée. Si la nouvelle version d’Antares est prête à temps, la mission prévue fin 2015 sera la seule à nécessiter un lanceur Atlas V, mais la possibilité qu’il soit utilisé une seconde fois n’est pas exclue.

Le cargo Cygnus amarré à la Station Spatiale Internationale, en février dernier.

Le cargo Cygnus amarré à la Station Spatiale Internationale, en février dernier.

Vendredi 19 décembre, c’est par contre à SpaceX et à sa capsule Dragon que reviendra la tâche de ravitailler l’ISS. La capsule sera lancée par la fusée Falcon 9. Cette mission revêt un intérêt particulier car la société d’Elon Musk (également fondateur de Paypal et de Tesla Motors) va pour l’occasion tenter quelque chose de nouveau : récupérer le premier étage de sa fusée sur une barge placée en pleine mer (alors que les tests précédents constituaient « simplement » à le faire amerrir en douceur). L’objectif, à long terme, est le développement d’un lanceur réutilisable destiné à réduire les coûts des vols spatiaux (ce qu’avait déjà tenté la NASA pour les vols habités avec la navette spatiale et qui s’est soldé par un échec). Selon Musk lui-même, la tentative de récupération prévue vendredi à moins de 50% de chances d’être couronnée de succès. On croise les doigts pour lui quand même.

Enfin, réjouissons-nous : finalement, Venus Express n’est pas tout à fait morte. L’Agence spatiale européenne a en effet réussi à entrer en communication avec la sonde, quasiment à court de carburant. L’annonce du décès n’en est toutefois que reportée de peu : à la mi-janvier, elle devrait pénétrer définitivement dans l’atmosphère de Venus et être détruite.

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