Z comme Zoroastre

Ainsi se tut ZarathoustraAinsi se tut Zarathoustra est presque arrivé par surprise dans ma boîte aux lettres. En fait, il m’a suffi de cliquer sur ce lien et de choisir une bande-dessinée parmi celles de la sélection officielle du festival d’Angoulême. Seule condition : avoir un blog et écrire quelque chose sur la BD reçue. Un mois plus tard, oh joie, j’ai dans les mains le volumineux album (environ deux-cent pages) signé par Nicolas Wild, dont je ne connaissais à peu près rien si ce n’est quelques apparitions sur le blog de Boulet.

Du coup, j’ai vite été frappé par la ressemblance de style entre cet album et les Chroniques de Guy Delisle. Comme ce dernier, Nicolas Wild se met en scène au sein d’un pays choisi (ici, l’Iran) et adopte le ton d’un observateur curieux et plutôt naïf. De même, le dessin, en noir et blanc et sans fioritures, va à l’essentiel. Dans le cas présent, l’auteur se retrouve en Iran grâce à sa rencontre avec Sophia Yazdani, qui l’invite à se rendre dans son pays à l’occasion de l’inauguration d’un centre culturel zoroastrien. A l’origine de ce centre, son père, Cyrus Yazdani. Très engagé dans la survie du Zoroastrisme (une religion née en Perse et actuellement en voie de disparition), il tenait beaucoup à l’inauguration de ce centre… avant son assassinat. D’ailleurs, le procès de l’assassin présumé fait office de fil rouge de l’album.

Ainsi se tut Zarathoustra 5Ainsi se tut Zarathoustra raconte donc le périple de Nicolas Wild en Iran, sur les traces du Zoroastrisme et de la famille de Sophia. C’est un album fait de rencontres successives, souvent absurdes comme dans tout voyage de ce genre, mais également rempli de thèmes pas évidents à traiter. Le deuil, pour commencer, est très présent : Cyrus Yazdani, même décédé, est un personnage à part entière, peut-être même le plus important. Par ailleurs, traiter de l’Iran semble impossible sans s’attarder un peu sur l’histoire et le contexte politique du pays. A ce sujet, l’auteur évite d’adopter un point de vue trop simpliste et tente d’en esquisser la complexité, même si les dirigeants iraniens en prennent pour leur grade.

Enfin, le ton de l’album permet de désamorcer les drames qui se jouent, sans non plus les occulter. « Œuvre de fiction inspirée de faits réels », comme précisé sur sa dernière page, elle dispose d’une étonnante galerie de personnages, développe une histoire dont il tarde au lecteur de connaître le fin mot et réussit à faire découvrir une culture méconnue (par moi, en tout cas) tout en faisant voyager. Ainsi se tut Zarathoustra est donc une bien belle BD. Pour terminer, une des contraintes du projet étant de donner une note sur vingt, je m’y plie et ce sera donc 16/20 (arbitrairement, parce qu’en fait on s’en fiche un peu).

Ainsi se tut Zarathoustra 2

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