« Et qu’avez-vous ressenti, alors ? »

Un peu plus de cinq cent pages d’abominable. Une ordure, d’Irvine Welsh (connu pour son Trainspotting transposé au cinéma) m’a marqué, c’est indéniable. Tout autant que je suis bien content de l’avoir fini. Après avoir tourné la dernière page, je me suis levé et j’ai été prendre l’air, parce-que j’en avais vraiment besoin. Je ne suis pas particulièrement habitué aux bouquins trash, même si j’ai bien lu quelques Chuck Palahniuk et Bret Easton Ellis mais là, j’ai l’impression que même avec un background aussi peu fourni que le mien, je peux raisonnablement dire que Irvine Welsh (dont je n’ai encore rien lu d’autre) a touché juste.

A priori je n’ai pourtant rien de commun avec un brigadier de police écossais « enquêtant » sur le meurtre d’un noir à Edimbourg tout en essayant d’obtenir une promotion. Mais le truc c’est que ce bouquin est écrit à la première personne, et Bruce Robertson ne laisse pas le choix au lecteur : il raconte ses horribles pensées et ses horribles actes avec ses horribles mots. Pas d’autre choix que d’essayer de comprendre ce qui ne tourne pas rond chez ce mec, même s’il faut plonger au plus profond de la merde qu’il nous balance au visage. Bizarrement, je n’ai été qu’une seule fois confronté à un moment qui m’a été si insoutenable qu’il m’a fait lâcher le bouquin (ça tombe bien, mon train entrait en gare, et puis je suis trop émotif), le reste du temps cela restait tristement et salement abject, odieux et haineux, mais aussi vachement bien écrit (même si je me suis contenté de la traduction). De temps en temps, un autre narrateur s’impose via une pirouette stylistique qui m’a paru sympathique, et donne un autre éclairage à l’intrigue, non moins dégueulasse mais souvent bienvenu pour souffler un peu. Parce-que Bruce Robertson est très, très, très difficile à vivre et à suivre. En toile de fond, bien sûr, c’est à une critique sacrément négative de la société (britannique vu le lieu de l’action, mais pas seulement) qu’on assiste, l’histoire n’étant jamais, comme souvent, qu’un prétexte.

Je ne dis pas que je vais de ce pas plonger dans un autre roman d’Irvine Welsh, je vais plutôt me tourner vers quelque-chose de plus léger. Mais ce n’est pas demain que je vais arrêter de penser à ce bouquin, ça c’est certain. Rien que de l’avoir ouvert pour retrouver quelques lignes marquantes (que je n’ai pas retrouvées, c’est con), ça m’a retourné. Difficile à conseiller à quiconque veut passer un « bon » moment, mais je suppose que je me suis fait comprendre.

Website Pin Facebook Twitter Myspace Friendfeed Technorati del.icio.us Digg Google StumbleUpon Premium Responsive

Publié dans Bouquins | Marqué avec | Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *