Célébrations patriotiques.

Une nouvelle semaine s’est achevée, la cinquième. Pas la moins intéressante. Son point d’orgue : le 9 mai, Jour de la Victoire (днем победы/Den Podeby), l’équivalent de notre 8 mai (sauf… que c’est le lendemain). S’il s’agit évidemment de fêter la victoire de l’URSS contre les nazis, à Saint-Pétersbourg ce jour prend une dimension encore plus particulière. En effet, les Pétersbourgeois célèbrent également la fin du siège de Leningrad/Saint-Pétersbourg, qui dura de 1941 à 1944 et fut particulièrement meurtrier (chiffres Wikipédia : 1.800.000 morts dont un million de civils, le tout pendant 872 jours). Ce jour-là, il y a donc deux parades à Saint-Pétersbourg. Une le matin, militaire (que je n’ai pas vue) et une autre l’après-midi. Cette dernière est un peu particulière car organisée en l’honneur des défenseurs de Leningrad durant le siège.

La Nevsky Prospekt, noire de monde et fermée à la circulation pendant quelques heures après le défilé.

La Nevsky Prospekt, noire de monde et fermée à la circulation pendant quelques heures après le défilé.

Et ils sont encore assez nombreux ! Après deux heures d’attente sous le soleil (nous n’étions pas très sûrs de l’heure…), nous avons enfin pu admirer ce grand défilé avançant le long de la Nevsky Prospekt (artère principale de la ville, longue de plus de 4km). Dans le défilé, on pouvait voir des gens forts âgés évidemment, des rescapés du blocus (certains à pieds, d’autres en voiture) mais aussi des militaires, des jeunes, des enfants… Un patchwork assez folklorique. Le plus impressionnant, c’était probablement l’ambiance générale : à la fois joyeuse (on célébrait une victoire, quand même) mais aussi très respectueuse des survivants de cette période. J’ai été assez frappé par les  SPA-CI-BA! (= merci) scandés par la foule, mais aussi par les échanges entre les anciens du défilé et cette dernière : les premiers gueulant quelque chose en russe au porte-voix, terminant par « hourra ! », et la foule d’enchaîner. Impressionnant.

Des anciens dans une camionette, devant un bout de la Cathédrale Notre-Dame-de-Kazan (très particulière).

Des anciens dans une camionette, devant un bout de la Cathédrale Notre-Dame-de-Kazan (très particulière).

Autre chose qu’il me fut impossible de ne pas noter : la profusion assez phénoménale de drapeaux et symboles soviétiques dans tout le centre-ville. Pour le coup, on était clairement à Leningrad, pas à Saint-Pétersbourg. Je ne sais pas s’il s’agit de nostalgie ou de simple logique (car, pour les Russes, c’est bien l’URSS qui a remporté cette guerre), mais je ne m’attendais pas forcément à ça. Beaucoup de voitures arboraient également le drapeaux à la faucille et au marteau en fonçant et klaxonnant sur l’avenue (j’ai eu l’occasion d’en voir un certain nombre, pendant que mes pieds se décomposaient lentement dans l’attente du défilé). Je note au passage que notre prof de russe de 83 ans y était probablement (elle y aurait eu sa place en tout cas), mais que je ne l’ai pas vue.

Beaucoup de rouge, disais-je.

Beaucoup de rouge, disais-je.

A part ça, je continue doucement mon exploration. Après l’Ermitage la semaine dernière, je me suis rendu hier au Musée Russe, qu’on me conseille vivement depuis mon arrivée. Moins connu que l’Ermitage, il vaut vraiment le détour (et pour les étudiants, il est gratuit aussi). On y retrouve essentiellement des artistes russes peu connus à l’étranger. J’ai d’ailleurs particulièrement bien aimé les sections consacrées à l’art contemporain. Il n’est pas dit que je n’y retournerai pas, car je n’ai pas pu le parcourir en entier. L’expérience continue donc, surprenante et souvent inattendue. Pas forcément facile non plus, mais j’apprends.

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