L’Oreille Interne

Dans ma note précédente, j’ai parlé de SF, de liberté laissée à l’auteur, de concepts béton, etc… J’ai tenté d’appliquer ça à un space opera dans lequel il était question de voyages spatiaux et de découvertes archéologiques au XXIIIème siècle, et je vais maintenant le faire pour un roman tout aussi estampillé SF mais dont l’intrigue prend place dans les années 70. Son nom : L’Oreille Interne. Le concept béton ? La télépathie. Sujet bateau ? Je l’admets, mais ce serait oublier que l’auteur s’appelle Robert Silverberg, qui n’est pas une clanche car il n’est rien d’autre qu’un des plus grands auteurs de science fiction.

Du coup, le concept de la télépathie, il l’exploite sacrément bien. En guise d’intrigue, nous suivons David Selig, un juif new-yorkais dont l’occupation principale dans la vie consiste à se faire rétribuer pour écrire les travaux universitaires d’étudiants qui font appel à ses services parce qu’ils ont autre chose à faire. Mais David Selig est télépathe : il capte les pensées des gens, il sait tout sur eux avant qu’ils n’aient produit le moindre son. Il pourrait en tirer avantage mais ce don le rend malade et il se considère comme un monstre. Lui-même narrateur du roman, il nous raconte sa vie sur le ton désabusé d’un type qui n’attend rien de la vie, d’autant que son don (ou sa malédiction, c’est selon) le quitte lentement mais sûrement, ce qui n’est pas sans le perturber.

En faisant acquisition de L’Oreille Interne (paru en 1974), je ne savais pas que je m’attaquais à un des romans de Silverberg réputés les meilleurs, je n’avais même aucune idée de ce que j’allais lire, le vague concept de télépathie et le nom de l’auteur ayant suffi à me donner envie. Finalement, ce livre est plutôt éloigné de la science-fiction tel qu’on l’imagine traditionnellement, on y trouve plutôt de la psychologie, de l’humour et de la mélancolie, le tout bien dosé. Forcément je ne regrette pas mon choix et j’ai hâte de me plonger un peu plus dans la biographie pléthorique de Robert Silverberg.

PS : Au fait, je m’en voudrais de ne pas citer le traducteur, Guy Abadia, qui a vraiment fait du bon boulot il me semble.

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