Новости de la semaine

Une semaine depuis la dernière note : il est temps de mettre à jour. Pour rappel, durant ces trois premières semaines nous suivons (pour la plupart) des cours de russe dans le magnifique institut Smolny que j’ai évoqué dernièrement. Les cours eux-mêmes sont donnés par trois professeures russes hautes en couleur. Elles s’avèrent toutes particulièrement sympas et nous parlent essentiellement en russe (l’une d’elle ne parle d’ailleurs que des vagues bribes d’anglais ou de français, mais c’est suffisant). Cela dit, je suis surtout fan de la troisième que nous avons rencontré et qui, à l’âge canonique de 83 ans, pète la forme et nous parle aussi bien en russe qu’en français ou en anglais (je la soupçonne de maîtriser aussi le japonais). Ses cours sont particulièrement intéressants, et elle ne se prive pas de digresser longuement sur l’état de la société russe, ses dirigeants, son expérience du communisme et de la guerre (elle a vécu le siège de Leningrad, de 1941 à 1943, ça vous pose un personnage), son opinion sur le comportement des Russes de maintenant, etc… (Le tout en russe.) C’est très intéressant, et elle ne manque d’ailleurs pas d’humour. Ce vendredi, elle nous a même expliqué comment boire correctement de la vodka, et nous a conseillé de bonnes marques de bières russes (la Baltika, notamment, sur laquelle je m’étais déjà renseigné). Une autre de nos profs, très gentille, se concentre sur le russe à utiliser en entreprise (ce qui ne peut être qu’utile) et semble s’être donnée pour mission de nous conseiller un maximum d’endroits à visiter (pour manger, par exemple) ou à ne pas fréquenter (ça donne souvent : « je connais cet endroit, mais en fait n’y allez pas, c’est dangereux. »)

Vue sur la Cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé (au nom vraiment si sympathique), qui est quand même sacrément belle.

Vue sur la Cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé (au nom vraiment si sympathique), qui est quand même sacrément belle.

C’est sur les conseils de cette dernière que nous avons commencé nos expériences gastronomiques. Il existe à Saint Petersbourg une sorte de chaîne de fast food appelée Teremok. Rien à voir avec les hamburgers : on y trouve des soupes, des crêpes (appelées ici blinis), et encore d’autres sortes de plats. J’y ai déjà mis deux fois les pieds, deux fois pour tester des crêpes, mais je compte bien y retourner pour goûter une de leurs soupes, du borsch (борщ) par exemple, avec de la betterave, ou de la soupe de poisson, du oukha (уха). Comme boisson, j’arrose ça avec du Kvass (квас), une espèce de soda dont le goût ressemble furieusement à une bonne stout. Cela dit, je préfère le Kvass de chez Auchan (authentique, voir ci-dessous) au Kvass du Teremok. Nous avons aussi tenté Pirogov dvorik, un resto – café (également une espèce de chaîne) où l’on mange des pierogis ! Contrairement aux pierogis de Pologne, ceux-là ressemblent davantage à de la tarte et on peut y mettre tout ce qu’on veut (de la viande, des oeufs, des légumes… ou des choses sucrées). Et c’est très bon.

L'étrangeté dans la familiarité.

L’étrangeté dans la familiarité.

Les jours de congé sont assez logiquement mis à profit pour faire un peu de tourisme (c’est à dire pour marcher, beaucoup). J’ai donc eu l’occasion d’admirer (à chaque fois de l’extérieur) la magnifique Cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé (construite là où le tsar Alexandre II s’est fait assassiner en 1881), le musée russe, l’amirauté, la statue de Pierre le Grand (fondateur de la ville), etc… Pour l’instant, j’ai surtout vu des sites situés au centre-ville (qui est de toute façon tellement grand que je n’ai pas encore pu le parcourir en entier). Point de vue détente, deux ou trois découvertes intéressantes à signaler mais pas encore de coup de coeur particulier en ce qui me concerne : un ou deux bars ou cafés sympas, une expérience absurde en club (indispensable de se munir d’une bonne dose de second degré à l’entrée), bref pas de quoi danser sur la table pour l’instant.

Un petit bateau tentant de se frayer un chemin parmi les morceaux de glace dégueulasses qui, jusqu'à il y a peu, encombraient les divers bras de la Neva.

Un petit bateau tentant de se frayer un chemin parmi les morceaux de glace dégueulasses qui, jusqu’à il y a peu, encombraient les divers bras de la Neva.

Par contre, découverte fondamentale de cette fin de semaine : le bus. Ces deux premières semaines, il nous fallait environ une heure et quart pour nous rendre au cours. Vingt minutes pour atteindre la station de métro la plus proche, 20 bonnes minutes dans le métro lui-même (y compris un changement, plus les interminables escalators), puis encore une demi heure de marche jusqu’à l’unif elle-même. Un gros coup d’oeil sur Google Maps hier soir m’a fait découvrir l’existence d’une ligne de bus quasi directe entre l’auberge l’unif, ce qui me fait quand même gagner une demi heure et épargne mes pieds durement éprouvés. Si l’inconfort est similaire (gros risque d’être entassés comme des sardines pendant une partie du trajet), il dure moins longtemps et coûte trois roubles de moins par trajet. Découverte tardive, mais c’est toujours mieux que rien. Le métro se comporte d’ailleurs parfois étrangement : récemment, nous avons eu la surprise de voir la rame que nous avions pris filer dans la direction opposée à celle indiquée, sans que personne ne semble s’en étonner. Mystérieusement, la ligne bleue s’était transformée en ligne mauve, filant directement à notre destination sans que nous ayons à changer entre-temps : plutôt cool en soi, mais j’aimerais comprendre pourquoi et comment savoir au moment de monter s’il s’agit bien de la ligne voulue ou d’un changement inopiné.

A droite, la statue de Pierre le Grand. Au fond, une partie de l'Amirauté.

A droite, la statue de Pierre le Grand. Au fond, une partie de l’Amirauté.

Enfin, il me faut noter la gentillesse de pas mal de Russes, souvent prêts à aider ou simplement à discuter un peu (par exemple ce type qui nous a tous laissé passer dans la file du supermarché, sous prétexte qu’il n’était pas pressé), très loin du stéréotype que nous en avons par chez nous en tout cas. Sur la route, par contre, c’est autre chose : piétons, n’espérez pas de clémence de la part des automobilistes, il en va de votre vie.

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Une réponse à Новости de la semaine

  1. Catherine Bouchez dit :

    Merci Arnaud pour ce compte rendu très typique. J’aime particulièrement lire les récits de voyage et découvertes faits par certain(e)s jeunes que je connais particulièrement bien et te lire est un vrai plaisir car tu as l’art de mettre en évidence l’aspect cocasse de certaines personnes ou circonstances. J’adore évidemment la prof de 83 ans… Quel exemple! Bisous.

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