Intermède culinaire

Dimanche, jour du seigneur : c’est la fête ! Les boxeurs sont partis. En attendant un nouvel arrivage de voisins, et dans l’impossibilité mystérieuse de se rassembler au même étage, nous opérons une tentative de cuisiner des pâtes à la sauce tomate. Processus de cuisson, pour 6 personnes, dans une auberge sans cuisine, donc sans plaque chauffante ni table mais (luxe suprême) avec une bouilloire et une casserole. Mot d’ordre général : flexibilité.

Pour commencer, faites bouillir de l’eau dans une des chambres, coupez finement le basilic dans une assiette en plastique (faites avec ce que vous avez, feignasses) et les tomates dans un bol (en plastique aussi). Pelez ces dernières (que vous plongerez ensuite dans l’eau vaguement bouillante) et un poivron (sa peau est indigeste, et comme vous le mangerez cru autant limiter les dégâts). Versez les pâtes crues (les plus fines possibles) dans votre unique casserole et ajoutez-y l’eau préalablement chauffée dans la bouilloire. N’oubliez pas d’être flexibles.

Rajoutez encore de l’eau bouillante dans les pâtes, puis coupez les tomates et le poivron en morceaux. Constatez rapidement que la cuisson des pâtes ne fonctionne que modérément, envisagez de changer de plan (mais restez flexibles en toute situation). Balancez l’eau dans le lavabo des toilettes : en effet, une partie des pâtes est trop cuite et l’autre pas assez, ça fait donc une bonne moyenne. C’est la fête, restez positifs. Vous disposez maintenant d’une casserole de pâtes, d’un petit bol de morceaux de poivrons oranges crus, de cubes de tomates et d’une assiette de basilic coupé finement. Que faire avec le pot de sauce tomate acheté au supermarché ? La légende dit qu’un micro-onde se cacherait à l’autre bout de l’auberge. Emportez donc le tout à travers la cour, réchauffez la sauce et squattez la cafétéria. Car oui, comme aujourd’hui c’est la fête, vous ne mangerez pas par terre.

Entre-temps, les pâtes en sont devenues une seule (de pâte) à la texture proche de la colle à tapisser. Qu’à cela ne tienne, vous êtes flexibles et vous faites donc abstraction. Au pire, si l’immonde brouet vous colle au palet, il reste une baguette de pain pour décoller les morceaux. Après avoir mangé, il ne vous restera plus qu’à faire la vaisselle à l’eau bouillante pour nettoyer la casserole (à nouveau dans le petit lavabo des toilettes), et à prier pour que vos prochains voisins soient civilisés. Bon appétit ! C’était un dîner de fête dans l’auberge du bonheur.

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2 réponses à Intermède culinaire

  1. tolga dit :

    Haha I shouldn’t laugh but that was epic, sir!

    • Arnaud dit :

      Merci ! Le logement ici a quelque chose d’épique effectivement. J’en ris aussi, généralement, mais de plus en plus jaune au fur et à mesure que les jours avancent.

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