Ultimate Sim City

Dans le genre pas vraiment attirant, le titre du roman Simulacron 3 fait figure de cas d’école. Ça évoque plus une notice d’assemblage de machine à laver qu’un bouquin à lire au coin du feu pour échapper à la morne vie quotidienne. Toutefois, le fait qu’il soit édité dans la collection Folio SF a suffi à ce que je l’emprunte à tout hasard dans ma bibliothèque locale… non sans avoir vérifié au préalable qu’il ne s’agissait pas du troisième tome d’une série quelconque.

Simulacron 3 a été écrit en 1964 (ce qui a son importance), par un certain Daniel F. Garlouye, et traite de la réalité virtuelle. En effet, il y est question d’un simulateur (qui donne son nom au roman) tel qu’on oserait à peine en rêver aujourd’hui. Une sorte de Sim City ultime, tellement perfectionné que ses occupants virtuels (ses Sims, en somme) y auraient l’intellect d’un être humain lambda. Le concepteur du simulateur ayant accidentellement passé l’arme à gauche, c’est son ami Douglas Hall qui prend la relève. Or ce dernier se retrouve pris entre deux feux entre les objectifs initiaux du projet (servir la recherche) et ceux de son patron, plus terre à terre (grosso modo : utiliser l’immense potentiel du simulateur pour engranger du pognon et du pouvoir). Par ailleurs, Hall a quelque peu l’impression de devenir dingue à mesure qu’il semble être le seul à remarquer des événements absurdes survenant autour de lui.

Pour un lecteur du XXIème siècle, les thèmes abordés dans Simulacron 3 n’ont rien de neuf. Il y aurait d’ailleurs tout à craindre que ce roman s’avère finalement tout à fait périmé. Surprise : ce n’est (presque) pas le cas. Le problème, par contre, c’est que je n’ai pas été surpris une seule fois. C’est là le paradoxe : probablement novateur à son époque, Simulacron 3 touche dans le mille mais s’avère finalement fort banal, pour autant qu’on se soit déjà intéressé à la question (Matrix étant passé par là depuis, c’est d’ailleurs le cas de pas mal de monde). Cela dit, ça reste un roman SF tout ce qu’il y a de plus honnête, et on peut difficilement retirer à son auteur le fait d’avoir touché fort juste bien avant l’avènement de la publicité ciblée et des univers virtuels.

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