Voici venu le temps des rires et des chants

Et hop, une uchronie. Ça me manquait.

Block 109 est une BD qui nous plonge dans un 1953 alternatif des plus déplaisants. Coup classique : les nazis n’ont pas perdu la guerre. Par contre, cette dernière tourne mal pour eux et l’URSS s’enfonce doucement dans le territoire du Reich. Le principal dirigeant de ce dernier, un certain Zytek, expose alors son idée formidable pour empêcher la déroute : une attaque virale susceptible de transformer l’essentiel de la population adverse en monstres sanguinaires et stériles. Les autres dirigeants nazis ne sont pas top convaincus (en particulier Heydrich, qui ne porte pas Zytek dans son cœur), mais ne savent pas que des troupes des deux camps sont d’ores et déjà aux prises avec d’étranges bestioles humanoïdes quelque part sur le front. Bref, que du fun.

Cet album d’environ 200 pages ne manque pas d’ambition. Tout en plongeant le lecteur dans un univers guerrier et en ruine, il s’attarde aussi longuement sur les luttes de pouvoir à l’œuvre à la tête de ce Reich hypothétique, mélangeant figures historiques de sinistre mémoire et personnages de fiction. Le style du dessin est également intéressant et le choix de colorer l’essentiel des pages en teintes pâles fait sens. Toutefois, Block 109 n’est pas non plus exempt de défauts. Le principal d’entre eux me paraît être une certaine confusion. Si les enjeux principaux apparaissent sans difficulté, les scènes de combat au front manquent cependant de clarté (un souci de réalisme peut-être ?) et une seconde lecture n’est pas de trop pour s’y retrouver entre les nombreux personnages. Une bonne part d’entre eux ne fait d’ailleurs quasi aucun effort pour éveiller l’intérêt du lecteur et sombre vite dans l’oubli. De plus, les prémisses de départ de cet univers apparaissent plutôt bancales, quoiqu’il puisse difficilement en aller autrement s’agissant d’une uchronie mêlant nazis et zombies.

Malgré ses défauts, Block 109 laisse toutefois réellement transpirer une atmosphère prenante et réserve quelques surprises, suffisamment pour donner envie de se plonger dans ses spin-offs. Reste à espérer que ces derniers évitent de céder à la facilité dans laquelle Block 109 manque parfois de tomber et que, surtout, ils éclaircissent ce que son scénario garde comme zones d’ombre.

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