Holmes, permis de tuer

Pour commencer, que ce soit clair : je n’ai encore jamais lu le moindre Sherlock Holmes et ma connaissance tant de la vie que de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle approche le néant. Cela ne m’a pourtant pas empêché de me plonger à tout hasard dans ce roman bien étrangement nommé L’Instinct de l’équarrisseur : Vie et mort de Sherlock Holmes. Après tout, pourquoi pas ?

L’idée de base du roman était suffisamment tordue pour me plaire. Thomas Day, l’auteur, imagine qu’Arthur Conan Doyle n’aurait pas inventé mais plutôt adapté Sherlock Holmes à partir d’aventures qu’il aurait lui-même vécues en compagnie du célèbre détective. Attention, ça se complique. Pourquoi une adaptation de la vie de Holmes et non pas un récit fidèle ? Parce que, tout naturellement, Holmes et Watson habitent un monde parallèle dans lequel ils emmènent régulièrement l’écrivain (stupide question). Ce monde parallèle est bien sûr légèrement différent du nôtre : les humains y partagent la planète avec une race extraterrestre pacifique et la magie semble ne pas y être tout à fait absente. Holmes, quant à lui, y occupe la fonction d’Assassin Royal pour le compte de la Monarchie Libertaire Britannique. Quelques nuances, donc. De plus, Holmes est relativement odieux. Accro à la cocaïne, il tue par plaisir (ça tombe bien, il a le droit) et ses enquêtes s’avèrent en général efficaces mais expéditives (et sanglantes). Par ailleurs, il mène constamment un duel à distance avec Moriarty, son ennemi juré.

Le bouquin en lui-même est divisé en deux livres différents séparés par un entracte. On y rencontre une multitude de personnages tandis qu’Arthur Conan Doyle fait la navette entre les deux univers selon les desideratas de Watson. En fait, le second livre m’est apparu comme mieux construit que le premier, plus passionnant aussi. Une fois l’ensemble terminé, on pourrait même se demander à quoi sert réellement la première partie, qui est amusante mais dont le lien avec le reste est plutôt ténu. De manière générale, suivre les méthodes radicales de ce trio surarmé mené par un Sherlock Holmes sans scrupule et canardant à tout-va est assez rigolo, surtout à partir du moment où un enjeu réel se dessine et finit par captiver suffisamment le lecteur. On peut juste regretter que cet enjeu apparaisse un peu tard.

Un aficionado de Sherlock Holmes aurait sans doute beaucoup à ajouter. Thomas Day semble s’être beaucoup documenté sur la vie et l’œuvre d’Arthur Conan Doyle, L’instinct de l’équarrisseur est donc probablement parsemé de références aux romans originaux. Je suis par contre incapable de le vérifier. Tout ce que je peux dire pour conclure en bref, c’est qu’il s’agit d’un roman amusant quoique vaguement bancal.

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