Brièvement (bis)

Les vacances d’un serial killer. Une fois n’est pas coutume, c’est ici à un roman pétri de références belges que nous avons affaire. Il s’agit en fait de suivre les péripéties d’une famille de Wallons bien décidée à passer ses vacances à la Mer du Nord, comme chaque année. Pas vraiment issus de la haute société, ils évoquent un peu des Bidochons biberonnés à la Duvel, les enfants et la grand-mère flingueuse en plus. Avec un tableau pareil, personne ne sera surpris d’apprendre que le séjour à la Vlaamse kust ne se passe pas comme prévu, la grand-mère en question s’avérant être un catalyseur à catastrophes bien décidé à ne pas se laisser dicter sa conduite (mémé a bien l’intention de se trouver un p’tit jeune pour passer du bon temps). Inutile d’y chercher un sens profond, ce roman de Nadine Monfils est plutôt à voir comme une grosse récréation. En ce qui me concerne, il a surtout le mérite d’avoir égayé deux ou trois longs et monotones trajets  de train entre Tournai et Bruxelles. On ne peut pas dire qu’il m’ait bouleversé dans un sens ou dans l’autre, mais je n’ai pas passé un mauvais moment.

La cité des permutants. On m’avait pourtant prévenu : la hard-SF, c’est pas facile. De fait, ce roman de Greg Egan est assurément l’un des plus compliqués qu’il m’ait été donné de lire. Il prend place au milieu du XXIème siècle, époque où la possibilité existe (quoique limitée aux plus fortunés) de se faire numériser avant de mourir et d’injecter une copie de soi-même dans un univers virtuel le moment venu. En termes d’implications éthiques et morales, c’est déjà pas mal. Dans le même temps, un chercheur procède à diverses expériences en multipliant les copies de lui-même et une designer tente de prouver que la sélection naturelle est faisable au sein d’un programme informatique sophistiqué. Je vous dis ça mais en fait c’est beaucoup plus alambiqué. Greg Egan explique le tout à grands renforts de termes techniques et de logique implacable, le tout est donc théoriquement à portée du lecteur, mais à condition d’être vraiment très motivé voire d’avoir déjà un petit background derrière soi. Les idées sont pour la plupart brillantes et les enjeux profonds, mais le parti pris d’aller à ce point dans la complexité ne peut que refroidir un tantinet un lecteur non-initié.

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2 réponses à Brièvement (bis)

  1. Gruel dit :

    Greg Egan ? Je regrette seulement de ne pas manier l’anglish suffisemment … J’ai lu Tout ce qui existe en Français et j’ai aimé plus particulierement les trois receuils de nouvelles : Axiomatiques , Radieux & Oceanique …!Je me suis régalé , ça faisait longtemps que je n’avais trouvé un tel auteur ! Si des fois vous en connaissez dans la même veines je suis preneur !

    • Noni dit :

      A vrai dire je n’ai encore rien lu d’autre de Greg Egan mais je vais tâcher de réparer ça en cours d’année, en commençant par Axiomatique qui me tente beaucoup. La hard SF est une veine de la SF que je n’ai pas encore beaucoup creusé, malheureusement. Dans les livres que j’ai lu récemment, Tous à Zanzibar faisait preuve d’une grande rigueur mais davantage du côté social et politique que scientifique, du coup on s’éloigne quand même pas mal de Greg Egan.

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