Sunglasses are not cool.

Cet article va traiter de Doctor Who. Or il est très difficile de parler de Doctor Who à quelqu’un qui ne connaît pas Doctor Who. Il est donc possible que les non-initiés aient quelques difficultés à suivre. Mais j’ai fait de mon mieux.

Les jeunes comme moi l’oublieraient presque, mais il y a eu huit incarnations du Docteur avant le redémarrage de la série en 2005. Entre la série classique (diffusée entre 1963 et 1989) et cette dernière, il s’est écoulé seize longues années probablement bien difficiles pour les amateurs d’humour britannique et de science fiction. Toutefois, il existe une anomalie datant de 1996. On signale cette année là la sortie d’un téléfilm, simplement nommé Doctor Who, destiné au public britannique et (c’est là qu’est l’os) américain. Si le but derrière l’opération était de relancer la série, ce téléfilm constitue aussi l’unique occasion de voir apparaître à l’écran le huitième Docteur, incarné par Paul McGann. L’opération fut un échec. Je me demande bien pourquoi.

Reconnaissons au moins qu’il a la classe.

J’ai beaucoup de mal à appréhender ce téléfilm. On pourrait le résumer comme une incursion foirée du Docteur au beau milieu des pires films d’action américains sortis dans les nineties. C’est très déconcertant. Doctor Who a toujours été profondément kitsch, ça ne fait pas un pli et c’est d’ailleurs pour ça qu’on l’aime. Pourquoi ça marche ? Parce-que c’est assumé. Ce téléfilm, par contre, n’assume rien. Si j’osais, j’y verrais presque une tentative de s’attirer les faveurs d’un public américain pas du tout habitué aux excentricités habituelles du Docteur. Je compare ça avec un amateur de montage photo qui s’amuserait à coller Big Ben au beau milieu de Manhattan. Se rendant compte qu’il n’a aucun talent pour ça, il veut faire subtil en le planquant derrière un gros building moche. Du coup on aperçoit encore un peu Big Ben mais ça ne ressemble plus à rien, et le building reste toujours aussi moche. C’est un peu ça, ce téléfilm.

Et c’est très dommage parce que j’ai bien aimé la prestation de Paul McGann. Sur le long terme, mieux entouré, il aurait probablement fait un Docteur très amusant, pas si différent de Matt Smith dans son côté vaguement paumé et enfantin. On ne peut pas en dire autant du Maître, son grand ennemi du jour. Durant toute la première partie du téléfilm, l’ahuri renaît de ses cendres en passant notamment par un état de gelée dans lequel il est finalement bien plus crédible que l’espèce de bad boy tout en cuir qui lui sert de nouvelle incarnation. Quant au scénario, il n’a ni folie ni intérêt, tout en platitude. Je ne dirai rien non plus de la compagne attitrée du Docteur le temps de cet épisode parce que quand on a été habitué à Amy et à Donna c’est d’une tristesse sans nom. Même Rose a plus de charisme.

Lui pas. Tellement pas.

Pourtant, c’est quand même du Doctor Who, à savoir un téléfilm où un type un peu dingue se balade dans une grosse boite bleue plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur et change de corps quand il meurt (ici, en l’occurrence, le septième Docteur joué par Sylvester McCoy laisse place au huitième). Et ça, ça a quelque chose d’unique. Malheureusement, complètement diluée dans une soupe mièvre et fadasse, voire tristement grotesque, cette tentative n’atteint pas le niveau des pires épisodes de la nouvelle série. Allez vous étonner après qu’il ait fallu neuf ans pour voir cette dernière débarquer…

Website Pin Facebook Twitter Myspace Friendfeed Technorati del.icio.us Digg Google StumbleUpon Premium Responsive

Ce contenu a été publié dans Films, séries et jeux-vidéo, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *