L’empire contre-attaque

Après un trajet sans histoire avec la compagnie Student Agency (que je conseille vraiment : c’est pas cher, à l’heure, et ils offrent le café/thé/chocolat chaud), nous arrivons vers 22h30 à Budapest. S’ensuit une course effrénée pour arriver à 23h à l’auberge (Origo Hostel), ce que nous réussissons de peu. Malgré un léger retard, le type de l’auberge ne pose aucun problème et, à notre grande surprise, semble connaître la Belgique mieux que nous. Il nous énumère en effet toute une série de patelins dont certains qui me sont inconnus. En discutant, nous nous rendons compte qu’il a roulé sa bosse un peu partout dans le monde (avec des phrases du genre : « lors d’une soirée avec la croix rouge allemande en Afghanistan… »). Bref, un type cool et une auberge que, une fois encore, je conseille à toute personne souhaitant passer quelques jours à Budapest.

Quant à la ville elle-même, le moins qu’on puisse dire c’est que le contraste avec Cracovie et Bratislava est radical. Ancienne capitale d’une Hongrie bien plus vaste qu’actuellement (le Traité de Trianon l’a privé des deux tiers de son territoire après la première guerre mondiale), partie intégrante de l’empire austro-hongrois, Budapest a un côté écrasant et monumental. Après avoir parcouru innocemment Bratislava en deux jours, on se sent vraiment tout petit au milieu de ces bâtiments imposants et orgueilleux. La présence de caméras de surveillance un peu partout n’aide pas à se sentir super à l’aise. En gros, changement d’ambiance.

Au château de Buda, il y a donc cette fort jolie cathédrale (pour cet article, j’ai encore piqué les photos de Clochonou)

Dès le premier soir, nous finissons tout de même par atterrir au Szimpla après avoir marché pas mal de temps. L’endroit, où j’avais déjà passé pas mal de temps lors de mon passage précédent, n’a pas beaucoup changé : il s’agit toujours d’un énorme bar plein de pièces de diverses tailles, d’apparence délabrée et décorées de la manière la plus loufoque possible (je déplore malheureusement la disparition de la tête géante d’Elvis Presley). Très fréquenté par les touristes, il n’en reste pas moins un endroit que j’aime beaucoup. D’ailleurs, on y est retourné tous les soirs. Il faut savoir que les « bars en ruine » sont une spécialité de Budapest (de Pest, surtout). Il y a donc le Szimpla, mais nous avons passé aussi un bout de soirée dans un endroit qui s’apparentait d’avantage à un hall d’entrée dans lequel on aurait vite mis une sono pour improviser une soirée (je n’ai pas noté son nom malheureusement, on y a pourtant passé un bon moment), ainsi que dans un endroit assez touristique aussi, l’Instant (mais pas assez longtemps pour pouvoir vraiment jauger l’ambiance).

Une simple porte, au Szimpla.

En fait, nous sommes loin d’avoir tiré le tiers du quart de ce que Budapest a à offrir, en partie à cause d’une météo vraiment dégueulasse le deuxième (et dernier) jour. Nous avons donc surtout parcouru le château de Buda (je l’avais déjà fait mais ça reste un plaisir) et admiré le Parlement démesuré. Au niveau des restos, difficile d’oublier notre premier repas sur place. L’endroit, conseillé par un guide, semblait accueillant : nourriture traditionnelle, menu du jour pas cher. Il s’avère que, en fait, le traditionnel EST cher, seul le menu du jour ne l’est pas. Or il s’agissait d’un repas frugal et un peu fade, qu’on nous a presque jeté à la gueule dans une magnifique démonstration de service atroce. Nous nous rattraperons le soir avec un petit resto en terrasse bien plus sympa (le Farger), servant lui aussi des menus du jour. Il s’agissait d’une salade. Alors oui, c’était très bon avec un service bien plus sympathique, mais on s’est quand même rattrapé le lendemain en mangeant DES GROS BURGERS (sans ça, Peter, journaliste total, serait juste mort de malnutrition).

C’est vraiment un beau château, vous savez.

Notre déambulation autour du Parlement nous a donné l’occasion d’observer l’étonnant spectacle des Dupondt locaux qui passaient par là : absolument identiques, marchant au pas, trimbalant la même bouteille d’eau, ils avaient quelque chose de surréaliste. Non moins surréaliste était le sénégalais, sosie noir du professeur Tournesol, qui nous a abordé en milieu de soirée pour nous vendre de la coke. Nous avons aussi rencontré d’autres gens, des touristes, nettement moins intéressants. Selon notre globe trotter de l’auberge, le nombre de touristes à Budapest a doublé en l’espace d’un an. Depuis que la compagnie aérienne hongroise a fait faillite, le marché a en effet été repris par les compagnies low cost qui, du coup, proposent des vols à très bas prix. D’où une invasion remarquée de touristes d’Europe occidentale, notamment. Ceux que nous avons rencontrés n’étaient pas forcément les plus passionnants.

Nous nous sommes aussi demandé si Le Messager ne s’était pas manifesté à nous sous diverses formes. Nous supputons par exemple que les deux slovaques francophones de Bratislava étaient un de ses avatars. A Budapest, un anglais rencontré au Szimpla nous a, lui aussi, conseillé toute une série d’endroits, dont les deux bars en ruines où nous avons passé du temps après le Szimpla. De plus, en fin de soirée, alors que nous étions un peu perdus (et un peu saouls), un vieil inconnu sorti de nulle part nous a miraculeusement indiqué le chemin de l’auberge, avant de disparaître dans la nuit. Le Messager ne nous a, semble-t-il, jamais vraiment abandonnés.

Des trois villes visitées, Budapest est au final celle que j’ai le moins apprécié. La première fois, déjà, j’en étais reparti avec un drôle de sentiment (je racontais ça ici). Cette fois encore, je l’ai quittée avec une impression mitigée. D’un autre côté, deux journées complètes dont une sous une pluie battante, ce n’est ni suffisant ni idéal. Pourtant, malgré les nombreux trésors de cette ville, je lui ai vraiment préféré Cracovie, d’où est absente l’ambiance oppressante ressentie à Budapest. Quant à Bratislava, c’est un peu différent : si je me verrais beaucoup moins y vivre qu’à Cracovie, sa dimension fait que deux petites journées représentait, par contre, la durée idéale. Je crois aussi que Budapest nécessitait peut-être davantage de préparation, vu sa taille. Enfin, cela n’empêche pas que la visite du château était un très bon moment et que le concept des bars en ruine me plaît énormément.

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