Étrangetés

Le lendemain matin est l’occasion de voir le monde autrement. Avec un esprit éveillé, surtout. La journée est, comme la veille, consacrée à sillonner la ville jusqu’à en connaître un maximum. Après un repas à La Putika (où nous goûtons aussi leur limonade maison), nous longeons un peu le Danube, puis traversons le « Nouveau pont » en direction de l’autre rive du fleuve. Ce pont, c’est tout un concept. Déjà, il a fallu détruire une partie de la vieille ville et la quasi entièreté du quartier juif pour le bâtir (entre 1967 et 1972). Ensuite, ses concepteurs ont eu la grande idée de construire, sur la rive opposée au centre-ville, une tour surmontée d’une espèce de soucoupe volante (en fait, un restaurant). Le tout donne l’impression qu’un engin martien digne de H.G. Wells tente d’arracher le pont avec ses tentacules métalliques avant d’anéantir l’humanité. Autant la tour de télévision à Prague ne me laissait pas insensible, autant ce machin m’évoque plutôt une farce de mauvais goût.

Observant l’invasion à distance

Point de vue de l’envahisseur

Nous avons voulu retraverser le Danube ailleurs, en empruntant ce qui semblait être un autre pont métallique. Surprise : le pont est fermé. Il donne l’impression d’avoir été abandonné en plein milieu de sa construction. Renseignement pris, il s’agit du plus vieux pont de la ville encore debout, et il est totalement fermé à la circulation automobile depuis 2010. On peut toujours l’emprunter via une petite passerelle en bois un peu dérisoire. L’après-midi est aussi l’occasion de découvrir un parc tellement dégueulasse que je n’en suis toujours pas revenu. Le truc, c’est que la carte dont nous disposions n’indique rien de spécial à son sujet : une étendue verte que, innocemment, nous avions décidé d’aller voir. En fait, l’endroit est presque entièrement bétonné avec, en son centre, une espèce de fleur monumentale faisant office de fontaine. Ce doit être un vieux vestige du communisme, c’est pas possible autrement. En tout cas, j’ai bien ri. Heureusement, il y a des endroits bien plus jolis, comme l’Eglise Sainte-Elizabeth, dite aussi « l’Eglise bleue », toute en style Art nouveau, ou le parc situé derrière le palais présidentiel.

L’Eglise bleue, sur fond bleu

Une synagogue en tissu. Concept.

Nous avons en fait passé toute la journée à explorer la ville sous un autre œil que la veille. Au final, nous en avons surtout vu son centre-ville. Aujourd’hui, l’essentiel de la population semble être concentrée dans les grands ensembles de type communiste qu’on peut observer depuis le château. Ceux-là, je ne les ai vu que de loin. Quant au centre, il ne manque vraiment pas de charme malgré sa petite taille. En tant que touriste, un ou deux jours suffisent pour le parcourir. Apparemment, les environs sont très jolis et se prêtent bien aux randonnées, mais je n’ai pas pu vérifier. Toujours est-il que, vers 20h, il était déjà temps de monter dans le bus en direction de Budapest.

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