Le jour le plus long

Voici le moment du train de nuit. Vu mes faibles capacités à m’endormir facilement, j’appréhende un peu. Les compartiments sont composés de 6 petites banquettes (superposées par trois). A peine installés, nous sommes directement accostés par une américaine avec qui nous discutons une bonne demi-heure. Elle vient de Chicago, voyage seule (d’où sa tendance à bondir sur les gens) et descend elle-aussi à Bratislava. Si j’ai dormi ? Pas vraiment. Une heure ou deux, peut-être. Pourtant, ce n’était pas désagréable. Evidemment, la banquette aurait pu être un peu plus grande et ma valise prendre un peu moins de place, mais rien de dramatique. Vers 5h20, on frappe à la porte. Il s’agit du contrôleur qui nous annonce que le train arrive bientôt à Bratislava. Et ça, vraiment très sympa. Une fois dans la gare, j’éprouve une sensation familière en lisant les écriteaux : le slovaque ressemble décidément beaucoup au tchèque. Premier objectif, comme à Cracovie : rejoindre notre auberge. Ca tombe bien, il y a des bus.

Reste à trouver des tickets. Le chauffeur du bus nous indique l’endroit… avant de démarrer sans demander son reste, et sans nous. Heureusement, un suivant arrive quelques minutes plus tard. De toute façon, on a le temps. L’américaine nous fait ses adieux (nous pensions nous recroiser plus tard mais ce ne fut jamais le cas), et nous finissons par atteindre l’auberge, Taurus Hostel, sur le coup de 6h30 du mat’. Il est évidemment bien trop tôt pour le check in mais on nous permet gentiment de laisser nos bagages sur place en attendant 14h. Nous en profitons pour nous diriger vers le centre-ville, à pied (nous n’emprunterons d’ailleurs plus les transports en commun à Bratislava).

Vue sur le centre-ville depuis la montée vers le château. (je pique les photos de Clochonou, mon appareil était en rade)

Nous notons rapidement que notre auberge est au pied du château, et que le reste de la ville n’en est pas bien loin non plus. En fait, traverser le centre-ville est chose en faite en une petite demi heure, voire moins. La Grand-Place, par exemple, est minuscule. Peu avant 8h, nous trouvons enfin un établissement ouvert où on nous sert des mini-croissants et du café pour un prix sans commune mesure avec ce auquel la Pologne nous avait habitués. Tant pis, nous n’avons trouvé que ça. D’autant qu’après fort peu d’heures de sommeil et l’impossibilité de se laver avant le check-in à l’auberge, mieux vaut éviter de trop en faire. Après cette légère restauration, direction la gare de bus pour vérifier nos tickets pour Budapest. L’occasion de constater que, sorti du centre historique, c’est déjà beaucoup moins joli. Instant émouvant, cependant, car je me souviens bien de l’endroit pour y avoir passé une demi-heure lors d’un voyage Prague-Budapest en bus, il y a plus d’un an de cela.

Le reste de la matinée est passé à marcher lentement dans le centre-ville, avant de se poser sur la terrasse d’un pub (le 4Coffee, où le service est bien sympa, et où j’apprends que « merci » se dit différemment en slovaque qu’en tchèque). Clochonou et moi commandons une Pilsner Urquell, un véritable bonheur alors que le soleil commence à taper sérieusement. Joyeuses retrouvailles. Peter, journaliste total, se contente d’un Coca et plonge dans un mutisme qui ne le quittera plus jusqu’au retour à l’auberge. Après un litre de bière et un repas peu mémorable dans un resto vaguement touristique, nous retournons, crasseux et fatigués, à l’auberge pour une douche devenue VRAIMENT indispensable.

Des trams comme à Prague, hourra!

Mais pas question de perdre trop de temps. Rafraichis, nous décidons de visiter le château, récemment rénové, qui se trouve juste à côté de l’auberge. Il faut monter un peu, mais pas de quoi nous effrayer malgré le soleil qui tape et la fatigue. Arrivés en haut, nous est offerte une vue effectivement très appréciable, à la fois sur la vieille ville mais aussi sur les alentours. La vue qui m’a le plus frappé est la suivante. Imaginez un panorama en trois parties : à gauche, un quartier industriel et des usines ; au centre, un ensemble résidentiel et fonctionnel dans un pur style « grands ensembles communistes » ; à droite, un champ d’éoliennes. Le tout vu d’un château moyenâgeux, j’ai trouvé ça presque émouvant. Au passage, le champ d’éolienne est en fait situé en Autriche, Bratislava se trouvant juste à la frontière.

A vrai dire, j’ai assez peu de souvenirs vifs de cette journée, ce qui est probablement lié à la nuit quasi-blanche que j’avais dans les pattes. Le soleil tapant, une fois redescendus, nous nous précipitons vers une terrasse qui, joie, sert du Kofola. Le Kofola, c’est un soda créé en 1960 en Tchécoslovaquie. C’est rafraichissant et c’est même très bon, le tout étant de s’attendre à quelque chose de beaucoup moins sucré que le Coca, dont il est de toute manière vraiment différent. En fait, il m’a semblé beaucoup plus simple d’en trouver en café ou bar à Bratislava qu’à Prague.

Ensuite, nous voilà emmenés au 4ème étage du Centre Culturel, dans un bar, pour taper la discute avec un tournaisien expatrié pour le boulot à Bratislava (en fait, un ancien pote de classe de Peter, journaliste total et moi). Alors que nous discutons, voilà qu’on nous interpelle en français. Nous faisons du coup la connaissance avec deux slovaques francophones qui étudient au lycée français. La discussion dérive un temps sur la bière et, bonheur, nos deux compagnons nous apprennent qu’un bar de la ville sert de la Svijany en fut : La Putika. Ni une ni deux, hop, nous y filons. Le reste de la soirée est consacré à discuter de tout et de rien devant des Svijany. Je pouvais difficilement rêver mieux, d’autant que La Putika est un endroit très agréable (disons que si je devais retourner à Bratislava, j’irais sans hésiter y boire un verre, voire y manger).

La suite ne tardera pas.

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