Cracovie, ses glaces, sa vodka, ses planty

Le repas terminé, nous filons vers le centre-ville et commençons la soirée à l’Antycafé, plus bruyant que la veille étant donné que nous sommes vendredi et qu’il y a plus de monde. Point question de bière ce soir, Clochonou fonce directement à la Zubrowka et à la Vodka (parfois pure, parfois aromatisée), et insiste pour que nous le suivions. S’ensuit un débat sur la question de savoir si, oui ou non, boire des alcools de moins en moins forts rend plus vite saoul que l’inverse, ou s’il s’agit d’une légende urbaine. D’abord persuadé que oui, je ne sais plus que croire, d’autant qu’un compère polonais s’inscrira dans mon sens plus tard dans la soirée. En effet, nous nous rendons ensuite dans un club, le Lizard King, où nous rejoint rapidement une connaissance de Peter, journaliste total. Il nous présente notamment son beau-frère, un jovial polonais ravi de nous faire découvrir les alcools locaux. Toutefois, lorsque nous lui demandons de boire une bière à la manière des étudiants belges, il décide d’éviter le sujet.

Une partie de la muraille de la vieille ville.

La soirée continuant près de la scène du club, voilà qu’un groupe débarque et se lance dans un concert, en l’occurrence tout à fait gratuit. Je ne sais plus si c’était vraiment bon, dans ma mémoire il s’agissait de reprises, mais c’était en tout cas plus que bienvenu. La suite est hasardeuse. Je me souviens avec certitude que nous avons été emmenés dans un établissement réservé aux polonais (avec comme conseil de jouer les muets à l’entrée pour ne pas se trahir), où nous sommes restés quelques temps. Pendant que Clochonou foutait le camp dans un endroit semble-t-il encore plus à l’abri des touristes, j’errais, hagard, dans cet environnement jusqu’à ce que Peter, journaliste totalement saoul, me demande si je connais le chemin de l’auberge. L’histoire retiendra que oui, retour sans encombre quoiqu’un peu lent. A noter que si le retour fut si facile, c’est parce-que la ville est construite selon un plan en damier, il est donc vraiment aisé de s’y retrouver. L’histoire retiendra aussi que Clochonou frappera vainement à la porte de la chambre pendant 10 minutes avant de réaliser que, sympas (et peu désireux de nous lever), on l’avait laissé entrouverte.

Le lever du lendemain est un peu hésitant. La soirée de la veille est qualifiée par Peter, journaliste total, de « pas propre » mais qu’à cela ne tienne, le bus vient nous chercher à 11h vers une destination pas vraiment top fun quoiqu’indispensable : Auschwitz. L’endroit étant à environ une heure et demie de là, faire l’impasse dessus aurait été un peu dommage. Après un trajet en bus (ou plutôt une grosse camionnette) rendu douloureux par la gueule de bois et les cris stridents d’espagnoles insupportables, la visite s’est avérée, comme prévu, instructive et quelque peu glaçante. J’ai été impressionné par la sobriété du musée et de la visite, qui se déroulait à la fois dans Auschwitz I, le site initial, et Auschwitz II, dit aussi Birkenau. Le site est en tout cas très bien entretenu. En espérant que ça dure, car le visiter est tout sauf une perte de temps.

Clochonou a tenu à immortaliser l’affiche du Polakowski.

Le soir, après un nouveau repas fait de délicieux pierogi au Polakowski (qui sert aussi une bonne bière : la Debowe), nous nous attardons quelque temps à l’Antycafe et dans un bar dont j’ai oublié le nom avant de rentrer finalement de bonne heure. La soirée est tout de même l’occasion de découvrir la Ksiazece brune et fumée, pas mauvaise quoique peu subtile. Le lendemain, nous profitons de cette dernière journée à Cracovie pour nous balader tranquillement. De bar en bar, notamment, mais pas seulement. C’est que Le Messager nous a conseillé un glacier et qu’il s’agit de suivre sa directive. Lorsque nous arrivons au lieu-dit, surprise : une file gigantesque, témoignant de la qualité prophétique des conseils du Messager. Décidés, nous affrontons l’épreuve 20 minutes durant, avant de profiter d’une délicieuse glace artisanale à environ 55 cents la boule. Si ça en intéresse, c’est à la rue Starowiślna. Par contre, le nom de la plaque indiquait simplement « Lody », qui signifie glacier en polonais, et un truc en tout petit dont je n’ai pas souvenir. Ce jour-là, j’ai aussi noté trois autres types de bière: la Zywiec porter, une bonne porter à 9%, la Lomza au miel, qui a plutôt un goût de violette et que Clochonou a adoré, ainsi que la Lech, une pils plutôt banale.

Des ruines au château de Wawel.

Parmi les autres constats faits à Cracovie, je note ceux-ci. Tout d’abord, le touriste doit être prêt à être abordé assez fréquemment, surtout aux abords de la Grand-Place, par des gens souhaitant le voir aller dans divers bars, clubs ou endroits plus ou moins biens famés. On s’y fait assez vite, mais ça peut être agaçant. Autre chose : je n’ai pas élucidé la question, mais on y trouve un nombre assez phénoménal de dentistes. Toutefois, s’il y a bien une espèce encore plus présente que les dentistes à Cracovie, ce sont les pigeons. Le centre ville étant encerclé de petits parcs (les « planty », terme qui n’a pas manqué d’émerveiller Clochonou), c’est une véritable armada de volatiles qui en a pris possession pour, à partir de là, s’étendre au reste de la ville. Face à une telle invasion, l’homme n’a d’autre choix que d’accepter son sort et la présence d’orgueilleux pigeons se mettant sur son chemin avec l’assurance de l’occupant sûr de son fait. A noter que, malgré tout, je n’ai pas eu à déplorer une quantité insupportable de guano.

A part ça, il s’agit d’une ville vraiment charmante. Pas très grande, on peut y passer plusieurs journées vraiment sympas. Nos guides conseillaient également d’aller visiter les mines de sel environnantes : nous avons choisi de faire l’impasse sur cette étape, sans regret, mais ça laisse une idée des richesses de la région. Finalement, après un repas d’adieu au Polakowski, nous rejoignons la gare en milieu de soirée pour monter dans notre train de nuit qui nous mènera à Bratislava.

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