Le grand blob

C’est avec ce doodle que j’ai appris l’existence de Stanislas Lem, écrivain de science fiction polonais. C’est une manière peu commune de découvrir un auteur mais un hommage si joli donne une idée de la réputation du personnage. Il était donc temps de pallier à mon ignorance et, comme il faut bien choisir un roman pour commencer, j’ai jeté mon dévolu sur Solaris, écrit en 1966.

Difficile de dire quel est le réel personnage principal de ce roman. Nous avons d’un côté le narrateur, le docteur Kelvin, scientifique fraîchement débarqué sur une petite station située sur la lointaine planète Solaris. Il y rejoint trois collègues qui, comme lui, étudient le comportement étrange du vaste océan qui recouvre presque totalement la planète. D’un autre, nous avons l’océan en question, entité gigantesque qui, plus d’un siècle après sa découverte, continue de dérouter les terriens. S’agit-il d’un être vivant ? Si oui, est-il conscient ? Est-il même intelligent ? Si non, comment expliquer les impressionnants phénomènes qui apparaissent régulièrement à sa surface ? Et puis, pourrait-on tailler une petite causette avec ?

Toujours est-il que lorsqu’il pénètre dans la station, Kelvin constate que ses collègues ont apparemment perdu les pédales. Rapidement, il se retrouve lui-même confronté à l’arrivée impromptue de son ex, Harey, en chair et en os quoique décédée depuis des années dans des circonstances dramatiques. Vaguement étonnée de se retrouver là, elle n’a pas changé d’un iota et ne semble pas consciente de l’étrangeté de sa présence. Kelvin, lui, se demande s’il est dingue ou s’il faut y voir autre chose. Une manifestation de l’océan, par exemple, qui pourrait aussi expliquer l’attitude de ses collègues. Cela dit, la question demeure : si manifestation il y a, comment la traduire ?

Solaris, sous un enrobage de SF, serait plutôt une réflexion sur l’être humain et sa capacité à appréhender l’inconnu. Les efforts des scientifiques du roman pour créer le contact avec une entité qui défie toutes leurs conceptions de la vie sont touchants tout en étant crédibles et d’actualité. A l’époque où le roman paraît, la course à la Lune bat encore son plein mais la réflexion n’a rien perdu de sa pertinence. D’une certaine manière, elle prend encore plus de consistance maintenant que les scientifiques semblent pencher pour l’idée que les planètes potentiellement habitables sont légion dans l’univers.

Que ce soit sur le fond ou sur la forme, on ne nage pas vraiment dans le fun débridé. C’est plutôt aride et froid, quoiqu’une poésie certaine se dégage des réflexions de l’auteur. Kelvin lui-même est un personnage parfois déroutant, quoiqu’on l’excuse aisément vu le type d’expérience qu’il affronte. Il faut donc parfois s’accrocher, mais le jeu en vaut la chandelle.

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