Exobiologie de l’extrême

La faune de l’espace est un des romans de ma jeunesse. Ce n’est que récemment que j’ai appris que le gosse que j’étais avait tapé dans le mille en le choisissant parmi tant d’autres dans les rayons d’un quelconque magasin (peut-être était-il rangé entre un Asimov et un Silverberg, je ne le saurai jamais). En effet, ce bouquin d’A.E. van Vogt est considéré comme un classique de la science-fiction et il aurait influencé de nombreux auteurs, à la fois dans la littérature et le cinéma.

Ecrite dans les années 40, l’histoire qui nous est comptée prend place dans un très lointain futur qui a vu l’humanité s’étendre à travers sa galaxie et faire progresser considérablement le champ de ses connaissances. Là-dessus, nous suivons un vaste vaisseau spatial bourré à craquer de scientifiques naviguant à travers l’espace à la recherche de nouvelles planètes à explorer, de nouvelles espèces à analyser. Parmi eux, un personnage ne paie pas de mine mais, en tant que seul représentant de sa jeune discipline, attend son heure. Il s’agit d’Elliott Grosvenor, de la section « nexialiste », une espèce de super-science qui réunit toutes les disciplines existantes pour trouver des solutions aux problèmes posés. Pratique.

Le roman est divisé en quatre parties, ce qui s’explique par le fait qu’il s’agit au départ d’un recueil de quatre nouvelles reliées entre-elles. A vrai dire, si on distingue bien les séparations, le tout garde toutefois une continuité suffisamment marquée pour ne pas gêner la lecture. Dans chaque partie, les occupants sont confrontés à une espèce qui, volontairement ou non, les met en péril. L’enjeu est alors de savoir comment les scientifiques présents s’arrangeront pour trouver une solution au défi qui leur est posé et de quelle manière ils se coordonneront avec les militaires chargés de la défense du vaisseau. Bien sûr, il ne faut pas être grand clerc pour se douter que le nexialisme aura un rôle à jouer dans tout ça, malgré la méfiance qu’il inspire.

En dépit de son statut de classique, je dirais qu’il en faut pas prendre ce livre pour beaucoup que ce qu’il n’est : les aventures d’un groupe d’humains confrontés à des bestioles plus anciennes et évoluées qu’eux. Le plus amusant d’ailleurs, c’est la description des espèces en question. L’auteur fait intervenir deux paramètres pour les jauger : leur évolution en termes physiques (en gros, on suppose que si une bestiole sait creuser un trou dans du titane rien qu’en le regardant, c’est que son espèce a bien vécu) et sociaux (cette fois-ci la question peut se résumer ainsi : cet être est-il plus préoccupé par sa survie à lui ou par le bien être de sa civilisation ?). Par contre, on pourra me traiter de féministe de bas étage mais que le sexe féminin ne soit même pas évoqué une seule seconde est quelque peu déconcertant (rappelons-nous toutefois que tout cela a été écrit dans les années 40).

Au final, La faune de l’espace est un bon livre de science fiction. Il est peut-être un peu utopiste dans son idée que l’humanité peut trouver une solution à tout problème s’il coordonne correctement son potentiel, mais pas forcément idiot non plus. De plus, il a un peu vieilli mais ça, on ne peut rien y faire. L’argument pourrait s’appliquer à de nombreux autres classiques de SF. Mieux vaut s’y adapter pour en tirer le meilleur.

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