Dour 2012 (3) « Regarde, c’est la déglingue »

JOUR 3

Après ça, le samedi matin s’avère évidemment très difficile. Premier constat : Jean s’est introduit dans ma tente et y dort paisiblement, en partie sur mon matelas, alors que cet enfoiré bénéficie d’un emplacement au camping VIP. J’apprécie peu cette invasion et je me ferai un plaisir de le lui rappeler à peu près toute la journée. Heureusement pour lui, on pardonne toujours à Jean. Hormis cela, c’est fou comme on perd rapidement beaucoup de dignité dans les conditions qui sont celles d’un camping boueux après trois jours. La boue et la pluie aidant, difficile de maintenir un semblant d’organisation au campement et notre seul endroit un peu sec est lui-même sacrément encombré. Du coup : grosse flemme. J’expérimente la tartine-haricots rouges (merci Pipette)-aromates : peu concluant. Le reste de pâtes de la Poire servira à me remplir l’estomac. Pendant ce temps, Jonat’ savoure un couscous royal en boîte (plein de rêve mais apparemment plutôt décevant) et Clochonou renverse l’intégralité de son assiette de riz dans la boue (habilement remplacé par un mix saucisses apéritifs + pains au chocolat). Quant à Estelle, elle remplace le terme « prairie » par « champ de vaches » pour la plus grande joie de Dudu. Toumou, lui, s’est luxé le genou la veille et a passé un bout de soirée à l’hosto avant de faire déposer à l’entrée du camping (essayez de traverser un champ de boue avec un genou luxé, apparemment c’est épique), mais décide tout de même de tenter quelques concerts l’après-midi (il finira par se faire évacuer sur un brancard – dans  la bonne humeur – en début de soirée).

Je comptais voir BRNS, le groupe belge qui monte, mais bon : 13h20, laisse tomber. Poliça, que j’aime beaucoup, jouait à 14h40 : je n’en verrai que les deux derniers morceaux. Ma place préférée de cet aprem : les bancs de La Petite Maison, quand le temps le permet. J’y écoute le début du set de François & The Atlas Mountain, puis vais jeter un œil à Spector (du pop-rock rentré par une oreille, ressorti par l’autre, mais j’étais il est vrai bien peu motivé) au Club Circuit, adossé contre la barrière de l’ingé son. Notre petite bande décide alors de retourner à La Petite Maison (soi-disant sur mes conseils). Pour ce faire, il faut passer devant la Last Arena et donc traverser beaauucoup de boue à découvert. C’est évidemment à ce moment-là qu’un seau d’eau géant nous tombe sur la tête : quelques minutes épiques de traversée sous un fond sonore reggae. La suite, c’est The War On Drugs et Destroyer, groupes de rock très attendus par June, Lulu Jonat’, Toumou, bref, suffisamment de gens pour que ça attire mon attention. Le set de The War On Drugs ne me laisse quasi aucun souvenir musicalement, je me souviens juste avoir apprécié mais m’être lassé avant la fin (au contraire apparemment de Dudu et Jonat’, partis profiter en face de la scène). Quelques spectateurs motivés ont égayés le tout avec des confettis et des ballons, avec lesquels les filles de la troupe se sont empressées d’aller faire mumuse. Quant au set de Destroyer, sensiblement le même constat : quelques bons moments à signaler avant qu’un saxophone plutôt dégueu ne fasse plonger le tout dans le ringard. A noter, entre les deux, la tentative d’aller voir Nada Surf à la Last Arena, mais deux ou trois morceaux complètement insipides m’ont vite envoyé retrouver mes chers bancs.

Court aperçu de l’ambiance mise par Parov Stelar et son groupe.

Tête d’affiche du jour : Bon Iver, sur la Last Arena. Le chanteur folk-indé jouit d’une excellente réputation et était de ce fait très attendu. En ce qui me concerne, c’était une inconnue et je garde un bon souvenir du concert. Pour être plus précis, je crois que j’aurais vraiment adoré ça couché sous le soleil, mais c’est forcément un peu plus difficile debout dans la boue. Mais en fait, ma grosse attente du jour, c’était Parov Stelar, qui a joué sous un Dance Hall plein à craquer d’une foule sur-motivée. Tellement sur-motivée qu’à force d’être trimbalé dans tous les sens, j’en ai un peu moins profité que prévu. Il n’empêche, le DJ et son excellent groupe ont sorti un set d’enfer et ont eu l’air d’énormément apprécier l’accueil qui leur a été fait. Après avoir lutté pour attraper une bière au bar, direction le Club Circuit pour souffler un peu avant The Shoes, inconnu par moi-même mais vivement conseillé par Peter, journaliste total. Et de fait : j’en ai pris plein la gueule. The Shoes, c’est de l’électro-rock avec trois batteries (et encore, normalement il y en a quatre), des morceaux imparables et, au final, un de mes meilleurs moments du festival. Au passage, merci à la Poire pour la photo qui illustre cette troisième partie. Ce fut par ailleurs notre photographe officielle : presque mille photo en quatre jours. Mille.

Par la suite, j’ai essayé de rejoindre Dudu à la Balzaal pour Flux Pavillon, qu’il m’avait chaudement recommandé. Sur place, je constate que l’entrée est minuscule (l’idée était de calfeutrer le chapiteau un maximum vu la nature de la musique) et que pénétrer dans le chapiteau est un vrai combat. Une fois à l’intérieur, j’ai eu l’impression d’être dans une machine à laver : après avoir été ballotté une bonne minute, j’ai abdiqué et fui l’endroit. J’ai passé la suite de la soirée à la Magic Soundystem, d’abord avec l’électro de Tnght puis pour un set de LeFtO ‘10th anniversary’ très hip hop et funky, tout ce qu’il me fallait. Epuisé, je suis finalement rentré au camping non sans avoir passé l’épreuve de la traversée d’un merdier boueux de plus en plus impraticable, la boue m’arrivant par moment bien au dessus des chevilles.

Et puis, finalement, pas de jour 4 pour moi. Ces trois jours ont été très intenses et vraiment très bons (vraiment, une excellente édition 2012) et, forcément, je suis un peu déçu d’avoir raté The Rapture, C2C ou encore The Flaming Lips et Baxter Dury, mais je ne crois pas que j’aurais physiquement été capable de me refaire la même chose dans de telles conditions. En ce qui me concerne donc, peu de chose à signaler à propos du dimanche, si ce n’est une remarque de Clochonou concernant une diffusion de la messe à fond la caisse à l’entrée du camping B. Au final, pas de regret, et je suis d’ores et déjà partant pour 2013.

Pour l’origine du titre, c’est ici.

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Une réponse à Dour 2012 (3) « Regarde, c’est la déglingue »

  1. Clovis dit :

    Oh que oui, 2013 here we come!
    C’était quand même une après midi molle du kiki, surtout sans herbe sur laquelle s’asseoir. Heureusement que Parov, The Shoes, et les excellents Dj sets ont littéralement ébloui de mille feux cette soirée de DEGLINGUE.

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