Les Experts : Cardiff

J’ai un gros problème : je m’attache trop aux univers qui me font rêver. Il y a plusieurs années, quand je terminais un tome d’Harry Potter et qu’il s’agissait d’attendre la sortie du suivant, c’était insoutenable, et je finissais par me jeter la bave aux lèvres sur le nouvel arrivage en anglais dès le jour de sa sortie. Jamais l’apprentissage d’une langue ne fut un tel plaisir. Plus récemment, quand il s’est agi d’attendre PLUSIEURS MOIS la prochaine saison de Doctor Who, je me suis retrouvé tout tremblant. Alors, malgré ma méfiance, je me suis finalement jeté sur Torchwood. Presque par dépit en fait, parce-que Doctor Who sans le Docteur, ça me faisait autant rêver qu’un steak frites végétarien.

Torchwood, au moment où j’écris ceci, c’est quatre saisons, comme les pizzas. Les deux premières sont comparables à une série policière classique sur laquelle on aurait greffé des aliens : basés à Cardiff, des agents aux talents divers et dirigés par un chef charismatique résolvent diverses enquêtes et bottent le cul aux méchants. Et font plein de trucs d’adultes que la bienséance empêche de montrer dans Doctor Who (des gens qui baisent ? gosh ! de l’homosexualité ?! Doux Jésus !). Ces deux premières saisons ne manquent pas d’intérêt même s’il me paraît difficile de les apprécier sans aimer Doctor Who au préalable ni rêver comme un gosse devant un peu de SF, voire même sans s’accrocher un peu à la première saison finalement assez poussive.

Et puis, allez savoir pourquoi, la série a reçu plein de thunes. Mais vraiment, c’est comme si son budget avait explosé soudainement. Paradoxalement, la saison 3 ne fait que cinq épisodes mais apparaît comme beaucoup plus dense et intéressante que les deux premières réunies, tout en répandant un sentiment de malaise diffus. Il ne s’agit plus alors d’épisodes épars vaguement liés par un arc narratif, mais d’une série continue dont l’intrigue a réellement son importance. Pareil pour la quatrième saison, cette fois étendue sur dix épisodes et peut-être encore plus malsaine que la troisième. Sans rien révéler, je dirais que le plus intéressant dans ces deux saisons est peut-être leur focalisation sur le comportement des gens de pouvoir confrontés à une situation exceptionnelle et hors de leur portée.

Evidemment, on n’échappe pas aux clichés, et Torchwood reste une série de divertissement SF sans plus de prétention. Cela dit, ses deux dernières saisons sont particulièrement bien réalisées et haletantes : bref, elles valent le détour. Le plus difficile, finalement, reste d’éviter de se demander ce que peut bien foutre le Docteur alors que son humanité chérie est confrontée à de tels challenges. Feignasse, va.

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