Sherlock n’a qu’à bien se tenir

Dans l’univers de l’humour britannique absurde, un auteur que j’affectionne tout particulièrement nous a quittés trop tôt, au début de la décennie précédente : Douglas Adams. Principalement connu pour son travail sur H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique (déclinée en série radiophonique, série télé, livres, au théâtre mais aussi en film), on en oublierait presque ses autres œuvres, parmi lesquelles la série Dirk Gently, détective holistique. Narrant les histoires d’un détective aux méthodes très personnelles, on la retrouve aussi à la radio, en livres, au théâtre et même depuis peu à la télévision, merci à la BBC.

Mais c’est ici du premier des livres dont je veux parler, le bien nommé Un cheval dans la salle de bain. Ne nous attardons pas sur son titre, ce n’est pas l’élément le plus absurde du bouquin : il serait même plutôt logique. Contrairement aux apparences, le personnage principal ici n’est pas vraiment Dirk Gently, mais un certain Richard MacDuff qui, un peu comme Arthur Dent dans H2G2, n’a rien demandé à personne mais se voit confronté à une accumulation d’événements qui dépassent son entendement (tels que la présence d’un canapé coincé dans son escalier ou la mort inopinée de son patron). C’est là que survient Dirk, un de ses anciens camarades de classe au passé trouble, qui prétend pouvoir régler ses problèmes en se basant sur l’interconnexion fondamentale de toutes choses. En gros, ça consiste à vouloir régler une affaire de meurtre en s’intéressant au comportement du roi George III (1738 – 1820) plutôt qu’à des empreintes de doigts.

Normalement, c’est le moment où n’importe qui se demanderait comment il est possible de ne pas partir dans tous les sens avec une telle base de travail. La réponse est simple : ce n’est ni possible ni souhaitable. On en voit de toutes les couleurs et le tout baigne dans une douce ambiance de folie générale, que l’on est bien obligé d’admettre pour garder un minimum de raison. Mais ce que j’ai trouvé encore plus fort, c’est que ça n’empêche pas l’histoire d’être finalement tout à fait cohérente. J’ai dit cohérente, pas plausible : absolument tout peut arriver, mais Douglas Adams réussira toujours à y trouver une explication quelconque. Si je n’ai jamais vraiment ri aux éclats, je n’en ai pas moins passé un excellent moment car l’écriture d’Adams (même traduite en français) a quelque chose d’unique, tout comme les nombreuses analogies improbables dont il avait le secret.

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