« If you don’t like rap, you don’t like today »

Il était d’abord venu à Bruxelles en mai 2011 : pas de bol, je buvais des bières à Prague. Il devait revenir le 22 décembre : Vincent Van Quickenborne en a décidé autrement. « Belgium is ON STRIKE » s’est exclamé @chillygonzales sur Twitter, justifiant ainsi le report de son concert au 22 janvier, à savoir deux jours après la fin de mes examens : la date parfaite. Chilly Gonzales, chanteur, rappeur, pianiste de génie et producteur résolument éclectique, se définit en plus comme un « entertainer » : son public doit en avoir pour son argent (ce qui, comme il le dirait lui-même, lui en rapporte d’autant plus). Du coup, c’est peu de dire que je me faisais une haute idée de la qualité de ses concerts. Confirmant mes dires, le concert prévu dans l’Orangerie du Botanique était déjà complet depuis plusieurs mois.

En vraie groupie, je me suis assis tout devant, au centre, pour ne pas manquer une miette de ce « Piano Talk Show » : comprenez Gonzales et son piano, accompagnés de son considérable talent. Cela dit, c’est un peu réducteur : sont aussi intervenus un iPad et des membres du public plus ou moins volontaires, bombardés membres du groupe par le Maître de la soirée, vêtu d’un peignoir et de magnifiques pantoufles vertes. Gonzales veut « démystifier la musique », et ça me plaît : ses victimes sont donc invitées à faire des choses simples, mais pas question de se planter car « le public est là pour te juger, ne viens pas ruiner mon spectacle ». Enfoiré. Cela dit, c’est aussi pour ça qu’on l’aime. Car le monsieur est drôle, ce qu’il raconte est au moins aussi important que ses morceaux, et quand il envoie « Beans » a cappella juste après nous avoir parlé de son rapport à l’argent, l’enchaînement est d’un naturel désarmant. Par ailleurs, aucun des morceaux supposés déjà connus (de mémoire et dans le désordre : Knight Moves, You Snooze You Lose, Take Me To Broadway, Rap Race, Beans, Never Stop et un ou deux morceaux de Solo Piano) n’est vraiment proche de ce qu’il est sur album car Gonzales joue avec en permanence, n’hésitant pas à s’interrompre pour discuter un peu avec le public. J’imagine que les morceaux que je ne connaissais pas, composés exclusivement de piano, sont tirés d’un second Solo Piano à venir, et inutile de dire qu’ils présagent le meilleur.

Lorsque Chilly Gonzales a quitté la scène, je n’ai pas tout de suite compris : déjà fini ? Une heure et demie de concert, ce n’est à vrai dire pas extrêmement long, mais là c’est comme si ça avait duré cinq petites minutes, car je n’ai pas décroché une seule seconde. Il nous a glissé qu’il revenait en Bruxelles en mai (non sans s’être demandé pourquoi il revenait si souvent dans la région) : je l’y attends de pied ferme.

Website Pin Facebook Twitter Myspace Friendfeed Technorati del.icio.us Digg Google StumbleUpon Premium Responsive

Ce contenu a été publié dans Carnet de vieilleries, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à « If you don’t like rap, you don’t like today »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *